Violences faites aux femmes : dix ans de combat, entre avancées et fragilités persistantes

Une décennie après un premier vœu adopté, le CESE de la Nouvelle-Calédonie a actualisé son analyse des violences faites aux femmes et intrafamiliales. Sa contribution retrace 10 ans de politiques publiques, d’outils nouveaux, de coopérations renforcées et de prises de conscience. Mais elle met aussi en lumière des chiffres toujours très élevés, des inégalités territoriales marquées, des difficultés propres au contexte océanien et des défaillances qui continuent d’entraver la protection des victimes.

Lorsque le CESE s’était saisi du sujet en 2016, le constat était déjà alarmant. En Océanie, les violences faites aux femmes touchaient alors deux femmes sur trois, avec des conséquences directes sur les victimes, les enfants et le fonctionnement de la société tout entière. Les violences recensées ne relevaient pas d’une seule forme : elles pouvaient être physiques, sexuelles ou psychologiques.

2016, signal d’alarme sur les violences

Plusieurs fragilités structurelles étaient déjà pointées. L’action publique apparaissait dispersée entre l’État, la Nouvelle‑Calédonie et les provinces, sans coordination suffisante. Les dispositifs d’aide, concentrés à Nouméa, laissaient les zones rurales dans un sentiment d’abandon. Le CESE relevait aussi la difficulté particulière posée par la coexistence du droit commun et du droit coutumier, notamment dans l’obtention de dommages et intérêts pour les victimes de statut coutumier.

À cela s’ajoutaient des facteurs sociaux aggravants. L’alcool et le cannabis étaient déjà décrits comme des déclencheurs fréquents de disputes et de violences. Était aussi mentionnée, dès cette époque, la banalisation de certains comportements sexistes et la circulation d’images pornographiques altérant la perception du consentement chez les plus jeunes.

Face à cette situation, le CESE formulait dès 2016 plusieurs axes de progrès : meilleure articulation juridique, prévention renforcée à l’école, développement de l’observation statistique, généralisation d’actions de sensibilisation, amélioration de l’accueil des victimes et responsabilisation des auteurs. Dix ans plus tard, la contribution de 2026 revient précisément sur ce qui a été effectivement engagé, sur ce qui a progressé et sur ce qui reste à consolider.

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Légende photo : La séance plénière du CESE, 10 ans après son premier vœu.

Ide de La Rochebrochard

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