Va‑t‑il falloir modifier la devise de la Nouvelle‑Calédonie, en « Terre de haine, terre de violence » ? Deux affaires inquiétantes, des faits divers pas comme les autres quant à la bonne santé de notre société, sont venues se fracasser dans l’actualité. D’abord les violences au lycée de Touho, pour lesquelles neuf jeunes, huit mineurs et un majeur, sont impliqués et devront rendre des comptes, et ensuite cette agression dont a été victime un touriste marseillais, massacré parce qu’il refusait de donner du « job » et de l’argent… Dans les deux cas, les auteurs étaient inconnus des services de police, de gendarmerie comme de la justice, et dans l’affaire du touriste, l’un des auteurs était même inséré, avec un travail et des revenus. Et pourtant, le déchaînement de violence, de haine et de racisme a été tel qu’à l’audience, les magistrats s’en sont émus. Qu’est‑ce qui fait que l’on bascule ainsi dans une telle violence, sur une terre dont on ne cesse de louer les qualités d’accueil, de gentillesse et de bienveillance ? Mais tout simplement le contexte politique où l’on nous parle dialogue et consensus, alors qu’il n’est question que de mauvaise foi, mensonges et mauvaise volonté. L’incertitude quant à notre avenir en commun conduit donc certains à s’exonérer des règles de vie en société, pour notre plus grand malheur.
Nicolas Vignoles



