Relancer le tourisme, c’est ce qui a été annoncé, avec l’objectif de 250 000 visiteurs à l’horizon 2030, soit dans quatre ans. Sincèrement ? Même Jim Phelps et toute son équipe de Mission impossible n’y parviendraient pas. D’abord parce qu’après le 13 mai et dans l’incertitude actuelle, qui a envie de visiter la Nouvelle‑Calédonie ? Et dans ces conditions, comment notre pauvre Caillou pourrait‑il rivaliser avec des destinations aussi belles, beaucoup plus calmes et sûres, et surtout moins chères ? Surtout si les avions qui doivent nous apporter Métros, Australiens et Néo‑Zélandais (puisqu’il n’y a plus de Japonais) sont régulièrement en rade. Alors la croisière peut‑être ? Peut‑être, mais à condition d’être un tant soit peu organisés. Hier, lundi de Pâques, où tout était fermé, était le jour choisi pour l’arrivée de deux énormes paquebots qui ont déversé dans les rues de la ville des milliers d’Australiens que l’on a pu croiser errants tels des zombies, à la recherche de ce qu’ils pourraient bien faire et qu’ils n’ont pas trouvé. N’était‑il pas possible de les faire venir un mardi, quand tout est ouvert ? Notre tourisme, pour autant que nous pouvons le concevoir ainsi, à l’image des hôtels qui existent encore, meurt à petit feu, mais nous mettrons encore quelques centaines de millions dans la promotion, comme nous le faisons depuis des décennies, avec des résultats qui n’ont jamais été à la hauteur de nos espérances.
Nicolas Vignoles




