Mercredi 1er avril, les députés examineront le texte de loi constitutionnelle. Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer est au créneau pour défendre le texte.
Invités de La Chaîne parlementaire (LCP), la ministre des Outre-mer a tenu un langage clair et avancer des arguments qu’elle défendra devant la représentation nationale. Pour Naïma Moutchou, Bougival est le fruit des négociations entre Calédoniens, « ce n’est pas à l’État d’écrire l’Histoire », dit-elle, rappelant qu’à Bougival, « ce sont les Calédoniens qui ont pris la plume, ce sont les forces politiques calédoniennes encore une fois ». Mais la ministre insiste surtout sur le fait que personne n’a mis d’autre alternative à Bougival sur la table. « Dans Bougival, déclare Naïma Moutchou, vous avez des indépendantistes, des non-indépendantistes, des centristes et des progressistes, qu’est-ce qu’on fait ? On ne peut pas balayez ça d’un revers de main. Je poserais la question aux députés, si ça n’est pas Bougival, si ça n’est pas ce processus, fruit d’un compromis, alors quoi ? Rien ? Le vide politique ? » Et pour la pensionnaire de la rue Oudinot, « demain, s’il n’y a pas Bougival, je le dis, nous prendrions les Calédoniens en otage de questions qui seraient des questions purement parisiennes. Parce qu’encore une fois, le compromis est là . Il y a une partie qui a décidé de ne pas participer aux discussions, personne n’a le monopole de la discussion. A partir du moment où la porte est restée ouverte, il y avait matière à pouvoir avancer. Est-ce que l’on va bloquer tout un territoire parce que le FLNKS a décidé de ne pas être là  ? »
La vie politique suspendue
Dans une tribune publiée chez nos confrères d’Outremers360, le journaliste Patrick Roger dénonce l’attitude des partis politiques opposés à Bougival, en particulier celle du Parti socialiste. « La réalité, écrit-il, est que, en cas d’échec, la vie politique sera suspendue à la prochaine élection présidentielle et que la Nouvelle-Calédonie, faute de visibilité et de prévisibilité institutionnelle, continuera à s’enfoncer dans le gouffre économique et social dans lequel l’ont précipitée les émeutes de mai 2024. La pusillanimité dont font preuve les dirigeants du PS, associée au choix délibéré de LFI, du PCF et des Ecologistes de paralyser le débat parlementaire – plus de trois mille amendements ont été déposés sur ce texte de quatre articles –, aura fini d’achever toute chance de retrouver le chemin de la reconstruction et d’un avenir partagé. Et c’est la population calédonienne qui en fera les frais. »Â
Nicolas Vignoles



