C’est fini, Air France a quitté Orly, son aéroport de référence depuis 70 ans, pour recentrer toutes ses activités sur Roissy Charles-de-Gaulle, notamment pour ses liaisons avec les Outre-mer, les Antilles et la Réunion. L’État doit-il s’attendre à ce qu’à Pointe-à-Pitre ou Saint-Denis des usagers en colère interdisent l’accès des pistes aux appareils de la compagnie nationale ? Et bien figurez-vous que non ! Comme quoi, « vérité en-deçà du lagon, erreur en delà », comme aurait pu le dire Blaise Pascal. Parce que ce changement notable de destination, avec toutes ses conséquences pour les passagers ultramarins, est mis en œuvre pour des raisons essentiellement économiques, et doit profiter à Air France. Il n’y a donc que chez nous, que les usagers eux-mêmes sont prêts à sacrifier leur moyen de transport sur l’autel dont on ne sait quoi. A l’Île des Pins, ils ont fini par faire les comptes et dresser le constat que le blocage allait leur coûter plus cher que d’atterrir à La Tontouta. Aux Loyauté en revanche, réfugiés derrière un aval coutumier, le blocage perdure, et tant pis si demain la compagnie est par terre et ses salariés, dont de nombreux Loyaltiens, au chômage. Serait-ce donc cela aussi « le combat pour la dignité » ? On pourrait peut-être demander à Air France de desservir les îles ?
Nicolas Vignoles



