Au bord de la rupture

Une trentaine de présidents et responsables de toutes les chambres consulaires, et de la quasi-totalité des organismes professionnels et syndicats patronaux, signent une tribune le Journal du dimanche (JDD). Un électrochoc.

Le monde économique se mobilise, non seulement parce que la situation n’est plus tenable, mais parce qu’il n’existe aucune perspective claire et optimiste. « La Nouvelle Calédonie, dit la tribune, est au bord de la rupture économique : ce constat n’est plus une alerte. C’est une réalité. Depuis deux années, notre économie tient debout. Elle tient, non par la grâce des circonstances, mais par la force d’un effort silencieux, obstiné, souvent invisible. Elle tient parce que des femmes et des hommes ont refusé de céder. Elle tient parce que les entreprises ont consenti, sur leurs propres ressources, des sacrifices que nul ne mesure pleinement ». Le JDD publie donc un très long texte où chaque mot est pesé, pour décrire la situation économique et sociale de la Nouvelle-Calédonie, et dresser des constats implacables. Une situation que les signataires décrivent avec quelques chiffres : « 42% des chefs d’entreprise, écrivent-ils, déclarent que leur priorité n’est plus d’investir ni de se projeter, mais de maintenir leur activité. 40% n’ont plus que quelques semaines de visibilité. 45% disposent de moins de trois mois de trésorerie ». Fort de ce constat sans appel, qui s’appuie sur une enquête économique dont nous avons parlé dans une précédente édition, les signataires s’alarment. Ils rappellent que ce sont les entreprises elles-mêmes qui ont évité l’effondrement, toutefois, signalent-ils, « elles ont tenu. Mais elles se sont épuisées », et de saluer la résilience des salariés. Mais la conséquence des émeutes de la CCAT est bien la « fragilisation des familles, tensions sociales accrues, mais aussi déséquilibres profonds pour notre système de santé, pour nos régimes de retraite, pour l’ensemble de nos solidarités. Car lorsqu’une économie vacille, ce ne sont pas seulement des entreprises qui disparaissent, ce sont des vies qui basculent, et un modèle social tout entier qui implose ».

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Légende photo : Les conséquences des émeutes de mai 2024 sont plus que jamais d’actualité, près de deux ans après. ©LVDC

Nicolas Vignoles

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