Au 4e trimestre 2025, soit un an et demi après les émeutes, le système bancaire calédonien est le reflet d’une économie qui « se stabilise à un niveau dégradé ». Si l’inflation s’apaise, le tarissement du crédit et la dégradation du portefeuille des banques dessinent un horizon encore incertain.
Le rapport de l’Institut d’émission d’Outre-mer (IEOM) publié en mars 2026 dresse un constat sans concession : la Nouvelle-Calédonie traverse une phase de contraction monétaire profonde.
Le crédit en berne, miroir d’une confiance érodée
À la fin de l’année 2025, l’encours des crédits a poursuivi son repli pour le septième trimestre consécutif, affichant une baisse de 6,3 % sur un an (soit une perte de 71,2 milliards de francs), la production totale de crédits « étant encore insuffisante pour enrayer cette dynamique », explique l’IEOM dans son analyse. Cela signifie concrètement que le volume des nouveaux prêts accordés ne suffit pas à compenser les remboursements des anciens crédits. Les entreprises, en particulier, ont massivement réduit leurs emprunts d’investissement (-8,8 %) et d’exploitation (-10,9 %). Les ménages, quant à eux, se détournent de l’immobilier : les crédits à l’habitat contribuent le plus à la baisse globale avec une chute de 20,6 milliards. Pour l’IEOM, ce repli traduit un « manque de perspectives » généralisé. Dans ce contexte de frilosité, la qualité des actifs bancaires se dégrade. Le taux de créances douteuses (les prêts dont le remboursement est incertain) a grimpé à 9,06 %, contre 7,69 % un an plus tôt. Bien que la hausse soit moins brutale qu’en 2024, elle confirme que le tissu économique reste sous tension.
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B.Z.




