CāĆ©tait un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaĆ®tre, la gauche, en ce temps-lĆ , Ć©tait plus respectable. Une gauche de gouvernement plutĆ“t que gilet jaune, et au moins avait-elle des idĆ©es, pas toujours bonnes certes, mais des propositions auxquelles on pouvait adhĆ©rer. Jospin Ć©tait donc de ces figures-lĆ qui croyaient au message humaniste dāun PS qui voulait sāinscrire dans les pas de JaurĆØs et de Blum, plutĆ“t que de Maduro, des mollahs et du Hamas. Avec lui sāenfuit un temps qui ne reviendra plus, de politiques cultivĆ©s, lettrĆ©s et historiens, plutĆ“t quāanalphabĆØtes et tiktokeurs, et qui avaient la conscience de lāĆtat. Jospin joua donc un rĆ“le calĆ©donien, ce ne fut pas son meilleur, qui fait que lāaccord quāil nous concocta ne crĆ©a pas les garanties certaines dāun avenir apaisĆ© et surtout dans la France, comme le voulait, et le veut toujours, une majoritĆ©. Mais nous lui avions dit oui. A 72%, et nous nāavons finalement quāĆ nous en prendre Ć nous-mĆŖmes que dāavoir oubliĆ© que Jospin Ć©tait de gauche. Lāaccord de NoumĆ©a dont il fut lāordonnateur a marquĆ© notre histoire, certes de maniĆØre curieuse puisque nous ne savons toujours pas nous en dĆ©pĆŖtrer, mais qui aura cependant assurĆ© vingt ans de paix et de dĆ©veloppement, devenus denrĆ©e rare. A ce titre sans doute, et Ć ce titre seul, Lionel Jospin peut-il revendiquer notre reconnaissance.Ā Ā
Nicolas VignolesĀ




