Ce dimanche pour le second tour des élections municipales, qui concernait 25 des 33 communes de Nouvelle-Calédonie, il y avait 198 687 inscrits, il y a eu 116 953 votants, soit un taux de participation de 58,86%. Et beaucoup de se féliciter de ce score qui montre cependant que plus de quatre électeurs sur dix se sont pas allés voter. Alors certes, il y a les procurations bien souvent difficiles à établir lorsque l’on est hors de Calédonie, ou les radiations qui, à Nouméa notamment, ont frappé des électeurs suffoqués de découvrir trop tard qu’ils ne pouvaient voter. Toutefois, il est toujours étonnant de constater ces taux d’abstention non négligeables dans une terre où la politique tient une telle place, et surtout sur un territoire où le droit de vote est contingenté dans une anomalie républicaine. A fortiori pour des municipales qui désignent des élus qui sont, comme on le dit, « à portée d’engueulade ». Alors on peut voir dans ces taux, l’illustration de la consternante défiance des électeurs pour la chose politique, ce lien distendu avec les politiques, qui représentent, quoi qu’on en pense, une menace pour la démocratie. Ce qui explique aussi la tentation de certains de faire en sorte que, comme chez nos voisins anglo-saxons le vote soit obligatoire, au titre qu’un droit, souvent chèrement acquis, doit s’exercer. Et en attendant, nous saluerons le podium de la participation avec Poum en tête (86,44 %), devant Kaala-Gomen (83,85 %) et Kouaoua (81,84 %).
Nicolas Vignoles



