Parmi les grands peintres du Pacifique (et Dieu sait qu’il y en eut), Henri Crocq figure en bonne place. Aux côtés des Michon ou des Tatin d’Avesnières dont il fut l’exécuteur testamentaire, Crocq est une figure prépondérante.
Né à Levallois‑Perret, ayant longtemps vécu en Bretagne, très influencé par Pierre Soulages dont il fut proche, Henri Crocq aura longtemps circulé dans le Pacifique entre Nouvelle‑Calédonie et Polynésie française. Et cette longue traversée océanienne dans l’espace et le temps aura durablement imprégné son œuvre. Une œuvre diverse au cours de laquelle Crocq déploya son talent dans des styles multiples, autant figuratifs qu’abstraits, mais toujours soyeux, colorés, vivants, en mouvement.
Une œuvre vivante
Henri Crocq est peut‑être aujourd’hui un peu trop oublié, sans doute pour n’avoir pas eu la faconde ni les vies mouvementées d’un Michon ou d’un Tatin, or il est majeur dans l’histoire de la peinture du Pacifique, et reconnu comme tel. On doit à Dominique Deberge, ami du peintre, de faire vivre sa mémoire et d’assurer la préservation et la promotion de l’œuvre d’Henri Crocq. C’est lui qui propose jusqu’au 11 avril l’exposition « la mémoire du geste » à la galerie In Situ, dans laquelle est exposée une vingtaine de toiles abstraites de grand format.C’est l’occasion, nous est‑il indiqué, « d’apprécier une dernière fois les toiles, tantôt libres, tantôt froissées d’un peintre qui a su marquer la Calédonie par son engagement dans le milieu artistique de l’époque ». La galerie In Situ se prête à merveille à cette exposition, accueillant ces toiles où le geste et la couleur priment, au sein du foisonnement de l’activité de poterie et de peinture que propose la galerie, comme si Crocq était véritablement dans son élément. « Pendant plus de soixante ans, précise le commissaire de l’exposition, Henri Crocq a développé une œuvre singulière, marquée par la liberté du geste et par une relation profonde à l’espace océanien. Son travail, aujourd’hui présent dans des collections privées et des expositions du Pacifique, témoigne d’un regard sensible posé sur les territoires et les cultures qu’il a traversé ». Si l’exposition se concentre sur l’abstraction, dont Crocq avait totalement maîtrisé le sens et la démarche, « la mémoire du geste » donne l’envie d’en connaître un peu plus sur l’œuvre du peintre, et en particulier sur son volet figuratif. Les scènes de vie posées sur la toile, notamment à l’aquarelle, par Crocq sont ainsi des moments importants pour la peinture d’Océanie, et demandent que l’exposition d’aujourd’hui y consacre plus tard un autre volet.
Infos pratiques
EXPO Henri CROCQ, « La mémoire du geste » à la galerie In Situ, 9 rue Auguste Brun au Quartier Latin, du 17 mars au 11 avril.
Nicolas Vignoles




