Auguste Houckanou comparaît devant la cour d’assises pour répondre des meurtres de son frère et de sa belle-sœur, commis le 9 avril 2023 à Nouville. Les témoins ont été interrogés sur les relations conflictuelles qu’entretenait l’accusé avec les victimes.
Ils ne se sont jamais vraiment aimés. Pourtant, ils ont toujours vécu ensemble, côte à côte. Auguste Houckanou pourrait être votre voisin, votre ami ou votre oncle. Il est « calme », « réglo », « sérieux », « serviable ». Un « bon gars », résume l’un de ses proches. Il aime le volley, le football, la pêche et la plongée. Il a été vigile, docker au port de Nouméa et agent d’entretien. C’est un peu Monsieur Tout‑le‑monde. Mais réduire Auguste Houckanou à cette seule image serait une erreur. Car ce quadragénaire originaire d’Ouvéa ne s’entend pas avec ses frères. Dernier d’une fratrie de dix enfants, il n’a jamais vraiment trouvé sa place. Surtout avec Jérôme, son grand frère. Cette inimitié remonte certainement à l’époque de la séparation de leurs parents. Tous les enfants sont restés avec leur père. Seul Auguste a choisi sa mère. « Il n’a pas eu le choix », rectifie une personne de son entourage. Cette haine trouverait aussi son origine dans des violences que Jérôme aurait infligées à Auguste Houckanou lorsqu’ils étaient enfants. C’est en tout cas ce que l’accusé affirme depuis le début, sans qu’une plainte ou une procédure judiciaire vienne appuyer ses dires. Un épisode « m’a marqué à vie, encore aujourd’hui », raconte l’accusé dans le box. « Jérôme m’a frappé avec une barre de fer. J’avais huit ans. Mes autres frères me frappaient avec des triques. Mais la barre de fer… Je ne l’oublierai jamais. C’était un poids pour moi. »
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Légende photo : La partie civile est représentée par Me Céline Joannopoulos et Me Jean-Victor Bonifas.
Jean‑Alexis Gallien‑Lamarche



