Municipales à Nouméa : la justice ne remet pas en cause l’organisation des bureaux de vote

Le tribunal administratif a rejeté la requête de Muneiko Haocas, tête de liste « Nouméa Cœur Battant », qui demandait l’annulation du regroupement des bureaux de vote de Nouméa en huit lieux, à la suite de l’arrêté pris par le haussariat le 23 février. L’organisation du vote reste donc inchangée pour les municipales.

À quatre jours du premier tour des élections municipales, la question de l’organisation électorale à Nouméa s’est retrouvée devant la justice. En cause, le regroupement des 56 bureaux de vote de la ville en huit lieux, contre 37 avant les émeutes.

« Une atteinte à l’exercice du droit de vote »

Les dimanche 15 et 22 mars, les 68 373 électeurs nouméens seront appelés à voter dans l’un des huit sites prévus par la municipalité. Une organisation concentrée, similaire à celle des élections législatives anticipées de juin 2024 (six lieux de vote), intervenues dans un contexte insurrectionnel et de destruction d’un certain nombre d’établissements scolaires utilisés comme bureaux de vote. Une organisation pour certains « justifiée à l’époque, mais plus aujourd’hui », et surtout loin d’être au goût de la candidate indépendantiste Muneiko Haocas, inquiète des difficultés de déplacement des populations des quartiers défavorisés, faiblement motorisées, les 15 et 22 mars. Estimant que cette concentration porte « atteinte à l’exercice du droit de vote », la présidente du MNIS et tête de liste de « Nouméa, cœur battant », a saisi la justice en urgence pour exiger la suspension de l’arrêté du Haut-commissaire et demander que les bureaux de vote soient rétablis dans leurs emplacements habituels ou, à défaut, qu’une desserte en navettes soit organisée pour les quartiers dépourvus de transport le jour du scrutin.

Des impératifs de sécurité avancés par le haut-commissariat

Lors de l’audience du 11 mars au tribunal administatif, à laquelle Muneiko Haocas n’a pas participé, pas plus qu’elle n’a été représentée, les services du haut-commissariat ont contesté ses arguments. « Il n’y a pas de risque d’altération de la sincérité du scrutin » et « pas d’atteinte à l’exercice du droit de vote ». Preuve en est, selon eux, le deuxième tour des élections législatives de 2024, où le taux de participation est « monté à 65 % » avec une organisation similaire à celle proposée lors de ces municipales 2026. Cela prouve que les populations des quartiers Nord se sont mobilisées malgré cette organisation dégradée, et « qu’il n’y a pas d’atteinte au droit de vote ». Les services du haut-commissariat ont aussi justifié le maintien d’un regroupement de bureaux de vote pour ces municipales par une « sécurisation plus aisée » et « des risques en termes de sécurité » pour certains bâtiments détériorés.

Municipales 2026 : qui est officiellement candidat ?

Le tribunal administratif a finalement donné raison au haussariat. Dans une décision rendue publique hier matin, il a rejeté la requête de Muneiko Haocas, au motif notamment que l’arrêté attaqué « ne porte aucune atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ». La juridiction a par ailleurs estimé que Muneiko Haocas avait formulé sa requête trop tard. L’arrêté a été publié le 27 février 2026 au Journal officiel, alors que la requérante « a attendu le 10 mars 2026 pour former sa requête, à cinq jours du premier tour du scrutin ». Résultat des courses, l’organisation du vote reste inchangée pour ces municipales, tout du moins pour ce premier tour. Des retournements ne sont toutefois pas à exclure pour le second. « La procédure est loin d’être terminée », a réagi le MNIS, en précisant que « deux autres référés sont en cours devant le tribunal administratif ».


La liste FLNKS de Nouméa prend le relais

Opposée elle aussi à la concentration des 56 bureaux de vote en 8 lieux, la liste « Unité pays, la voie des quartiers populaires », candidate du FLNKS dans la capitale, a appelé ses militants à se mobiliser ce jour devant l’hôtel de ville de Nouméa, à partir de 8 heures.


8 lieux de vote

Les huit lieux de vote à Nouméa sont l’hôtel de ville, la salle omnisports W.K. Wawanabu à l’Anse-Vata, la salle Jean-Noyant à Motor Pool, le collège Jean-Lèques, l’école Céline-Teyssandier-de-Laubarède, le collège François-Ollivaud, le groupe scolaire Marie Courtot / Henriette Gervolino (6e km), et le centre culturel Ko We Kara. Les électeurs peuvent vérifier leur lieu de vote exact sur le site electeur-nc.fr ou via la carte interactive de la ville de Nouméa.


B.Z.

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