Bloquer les aérodromes pour empêcher les avions d’Aircal d’atterrir, ça n’est pas cela qui va aider à remettre la compagnie d’aplomb. Ça n’est pas non plus ce genre d’action qui va améliorer la circulation des populations entre les îles et la Grande terre, quand on sait que le Betico ne fonctionne plus, ayant deux moteurs en panne, et les deux autres en surchauffe. Mais nous nous sommes déjà interrogés sur l’efficacité de cette « stratégie » de protestation contre le transfert de Magenta à La Tontouta. En revanche, les commentaires politiques que ce transfert suscite sont particulièrement étonnants. Ainsi celui de l’Union calédonienne qui reconnaît que les coutumiers sont prêts à « sacrifier la compagnie », ou du Parti travailliste, qui visiblement existe encore, et pour lequel le transfert est une politique visant à « dégager les Kanak » du centre-ville de Nouméa. C’est confondant, mais indicatif quant au regard que posent les indépendantistes sur ce qu’est l’économie. A l’évidence, pour eux, l’économie, c’est comme la justice ou la puissance, c’est « colonial » et le « combat pour la dignité » impose de s’en passer. C’est l’absurdité menée jusqu’à des limites que même Alfred Jarry et son Ubu Roi n’auraient imaginé. A ce rythme-là, et avec ces options-là, les Loyaltiens vont se retrouver sans rien, sinon qu’avec leurs yeux pour pleurer. Cela n’empêchera pas qu’ils votent indépendantistes aux municipales !
Nicolas Vignoles




