Le décès d’un wingfoiler dimanche, suite à une attaque de squale, a marqué les esprits et ravivé les inquiétudes au sujet du risque requins. Le sujet ne pouvait manquer de s’inviter lors de cette séance consacrée au BP 2026.
« Une actualité qui nous a rattrapés », ce sont les mots choisis par Jérémie Katidjo-Monnier, évoquant le décès de Cyril Chevalier, le wingfoiler retrouvé mort dans la baie de l’Anse Vata dimanche en fin d’après-midi. « Quels sont les moyens envisagés en 2026 pour protéger la population nouméenne du risque requins », a demandé l’élu d’opposition à la maire, rappelant la somme de 800 millions prévue en 2023 pour un filet à l’Anse Vata.
Des requins tigres et bouledogues « de plus en plus nombreux et proches de nos côtes »
« Cela fait en effet trois ans, presque jour pour jour, que je me suis trouvée sur la plage du Méridien en raison d’une attaque de requin. En 2023, c’était pour ce pauvre touriste australien. A chaque fois, c’est un drame humain », lance Sonia Lagarde. « Les signalements qui nous remontent mettent en avant une forte recrudescence des requins dans nos baies. Les tigres et les bouledogues sont de plus en plus nombreux et de plus en plus proches de nos côtes. Je pense qu’il est impératif de réguler, comme avec les cerfs, une espèce invasive qui détruit notre biodiversité », assène le maire de Nouméa, indiquant encore que, parmi les prélèvements effectués depuis le début de la semaine, « une femelle tigre de 4,10 mètres a été pêchée à l’Anse Vata ».
Des coûts plus élevés pour un filet à l’Anse Vata
Quant au filet de l’Anse Vata, si le premier édile reconnaît qu’il est nécessaire, il est pour elle impossible de le réaliser cette année pour des raisons budgétaires. Sonia Lagarde informe que le recours à des aides de l’État – comme pour les ouvrages de la Baie des Citrons et du Château Royal – ou à des fonds européens sera possible, mais que le coût pour l’Anse Vata sera forcément plus élevé, en raison à la fois de la forte déclivité et des vents auxquels le site est exposé. Lundi, la ville de Nouméa et la province Sud avaient annoncé dans un communiqué conjoint la reprise des prélèvements de requins, dans un esprit de « responsabilité » et dans un contexte jugé « exceptionnel ». L’association EPLP a déposé un recours qui doit être examiné le 2 mars. La campagne de prélèvements devrait cesser vendredi, et la levée de l’interdiction de baignade et d’activités nautiques intervenir mardi prochain.
Isabelle Peltier



