Une nouvelle bataille judiciaire en vue

Après la décision commune de la province Sud et de la mairie de Nouméa de relancer une campagne d’abattages de requins tigres et de requins bouledogue, en réponse à l’attaque mortelle survenue à Nouméa dimanche, l’association Ensemble pour la planète a annoncé saisir le tribunal administratif.

L’annonce conjointe de la province Sud et de la mairie de Nouméa, concernant la nouvelle campagne d’abattages des requins tigres et bouledogues, a rapidement fait réagir. On s’en doutait. Ainsi, dans un communiqué daté du lundi 23 février, l’association Ensemble pour la planète (EPLP) a annoncé la saisine en référé et au fond du tribunal administratif, dénonçant « une décision d’une gravité exceptionnelle ». « Cette décision n’est pas seulement contestable scientifiquement, elle est juridiquement indéfendable et politiquement irresponsable », attaque Martine Cornaille. 

Une position sans surprise alors que cette question a déjà été étudiée par le tribunal administratif. Fin décembre 2023, la juridiction calédonienne avait donné raison à l’association environnementale en jugeant les campagnes de régulation « disproportionnées au regard du but de protection de la vie humaine poursuivi » alors même « qu’aucune étude scientifique précise n’a été menée pour connaître l’état des populations des espèces ciblées, ni les effets sur l’environnement de tels prélèvements ». Et si les deux collectivités s’étaient pliées à la décision à l’époque, la mort d’un wingsurfeur, attaqué par un requin entre la plage du Château Royal et de l’île aux Canards dimanche, a relancé cet épineux débat et poussé les institutions à lancer une nouvelle campagne d’abattage. Celle-ci a débuté hier. « J’en ai discuté avec Sonia Lagarde, nous considérons que nous devons prendre nos responsabilités en raison du caractère exceptionnel de la situation. Cette décision sera sûrement attaquée : nous assumerons », a répondu Sonia Backes, interrogée par La voix du Caillou. 

« C’est une récidive » 

« Même méthode. Même illégalité. Et désormais en sus, mépris des décisions de justice. Ce n’est plus une erreur d’appréciation. C’est une récidive », déplore Martine Cornaille dans son communiqué, alors « qu’aucune étude scientifique nouvelle n’a été produite » afin d’apporter des éléments de réponse sur les conséquences réelles des campagnes de prélèvement. Et la représentante d’EPLP, qui dénonce de « vaines gesticulations » et une « politique d’illusionnistes », de poursuivre : « Décider de tuer des espèces juridiquement protégées sans base scientifique solide n’est pas une politique publique. C’est une réaction tripale. » « La protection des vies humaines impose d’agir. La sécurité des administrés demeure la priorité absolue des collectivités », assurent de leur côté la province Sud et la Ville de Nouméa.

Légende : La justice avait annulé une décision de la province Sud qui avait retiré les requins tigres et les requins bouledogues de la liste des espèces protégées.

Claire Gaveau

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