À l’hôtel de ville, le don du sang s’invite au cœur du quotidien

La Ville de Nouméa accueillait ce mardi, dans sa salle d’honneur, une nouvelle collecte de don du sang. Une opération de proximité menée avec le service de transfusion sanguine du CHT, qui vise à faciliter le passage à l’acte et à maintenir des stocks suffisants.

Cette édition a aussi permis de mettre en lumière une évolution importante dans la valorisation des dons, notamment à travers le plasma et les plaquettes. Dans la salle d’honneur de l’hôtel de ville, les prélèvements s’enchaînent sur les fauteuils, occupés par des donneurs venus sur leur pause déjeuner ou spécialement pour l’occasion. Ce mardi, de 7h45 à 14 heures, la mairie de Nouméa s’est transformée en site de collecte de don du sang, accessible aux agents municipaux comme au grand public. « C’est une collecte ouverte à tous, explique la docteure Léa Ziller, médecin au service de transfusion sanguine. La mairie est un lieu stratégique : il y a du passage, et cela permet à des personnes qui n’auraient pas forcément fait la démarche de venir donner plus facilement ». Déjà organisée en novembre dernier, l’opération a vocation à revenir tous les trois mois, un rythme compatible avec les délais entre deux dons et l’organisation des équipes médicales. La précédente édition avait rassemblé près de 80 donneurs, celle-ci en a vu passer 70.

Un dispositif encadré de bout en bout

Pour assurer le bon déroulement de la collecte, huit professionnels étaient mobilisés tout au long de la journée : deux médecins – la docteure Léa Ziller et Axelle Lascaux, responsable de l’opération –, deux secrétaires, trois infirmières, ainsi que Jean-Marie, chargé de l’accueil et de l’orientation des donneurs. Du premier accueil au temps de repos obligatoire, le parcours du donneur est précisément balisé et dure entre 45 minutes et une heure, incluant questionnaire, entretien médical, prélèvement et collation. « Le prélèvement en lui-même dure moins de dix minutes. La piqûre fait souvent peur, mais est généralement bien tolérée », précise la docteure Léa Ziller. Les critères d’éligibilité restent stricts afin de garantir la sécurité du donneur comme celle du receveur.

 Hydratation et vigilance sous la chaleur

 En cette période de fortes températures, l’hydratation est un point essentiel. « Un don représente environ 400 à 450 millilitres de sang. Il faut donc bien boire avant et après, avoir mangé et éviter les efforts physiques dans les 24 heures qui suivent », rappelle la docteure Léa Ziller. Le malaise reste l’effet indésirable le plus fréquent, bien que rare, ce qui justifie le temps de repos imposé après le prélèvement, sous surveillance des équipes. Cette collecte a également permis de mettre en lumière une évolution récente dans le traitement des dons. Depuis la fin de l’année 2025, les dons de sang total permettent d’utiliser tous les composés du sang. « Avec un seul don, nous pouvons aujourd’hui conserver les globules rouges, mais aussi le plasma et les plaquettes, grâce à de nouveaux équipements », explique la docteure Léa Ziller. Les globules rouges sont principalement utilisés pour traiter les anémies ou compenser des pertes sanguines importantes. Le plasma, riche en protéines et en facteurs de coagulation, est essentiel dans les situations de chocs hémorragiques ou de troubles sévères de la coagulation. Les plaquettes, quant à elles, jouent un rôle clé dans l’hémostase et sont administrées lors d’hémorragies chez des patients dont le taux est trop bas. « Cette évolution permet d’optimiser chaque don, sans que cela ne change la durée ou les contraintes pour le donneur », souligne la médecin. Les dons spécifiques de plasma ou de plaquettes, réalisés sur machine au centre du don du sang, restent possibles, mais le sang total constitue désormais une ressource encore plus complète.

Des stocks à préserver

Si les niveaux de stock sont restés globalement corrects en 2025 et début 2026, ils demeurent « sur une ligne basse ». « Cela signifie qu’il faut continuer à mobiliser régulièrement », rappelle la docteure Léa Ziller. L’an dernier, 8 000 personnes se sont présentées, pour 7 000 dons effectifs, un taux de rejet relativement faible. Allongée sur un fauteuil, Marie-Gabrielle, 30 ans, donne calmement son sang. Employée municipale, elle participe pour la deuxième fois à une collecte. « C’est avant tout un geste de solidarité », confie-t-elle. Informée via l’intranet de la mairie, elle reconnaît que la proximité a été déterminante. « Je n’ai pas beaucoup de temps au quotidien. Le fait que ce soit sur mon lieu de travail, ça change tout ». Sans appréhension particulière, elle renouvelle l’expérience dans de bonnes conditions. « Tout se passe bien, je me sens bien accompagnée ». Si l’opération devait être reconduite régulièrement, elle n’hésiterait pas à revenir. Autour d’elle, d’autres donneuses partagent le même constat : la proximité facilite le passage à l’acte. À l’inverse, Emmanuelle, venue de l’extérieur, pointe un manque de communication. « Je donnais beaucoup en Métropole. Ici, c’est la première fois depuis quatre ans, simplement parce qu’on n’en entend pas assez parler ». Et justement, après Nouméa, d’autres communes pourraient accueillir prochainement ce type de collecte, à commencer par Dumbéa dans les semaines à venir.

Delphine Escanes

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