Dans l’interview qu’il accordé à NC La 1ère, Emmanuel Tjibaou, le président de l’Union calédonienne, explique que les indépendantistes n’en n’étant pas moins des Français, la solidarité nationale doit jouer à plein. Il voit dans le fait que soutien économique et accord institutionnel soient liés, « une forme de chantage qui ne doit pas son nom », et une façon de faire signer un accord « par la force ». Il est certainement difficile, plus encore aujourd’hui qu’hier, de définir ce qu’est un Français. Si les légionnaires sont « Français par le sang versé », quid du vulgum pecus ? Mon avis c’est qu’être Français, partager ce sentiment d’appartenance à une Nation, à une histoire et à un peuple, c’est d’abord la reconnaissance de valeurs et d’idéaux communs, non seulement que l’on partage, mais surtout que l’on défend, ce qu’ont d’ailleurs fait nos anciens lors des deux conflits mondiaux. C’est une autre paire de manches, lorsque, se disant Français, on milite et on lutte, puisque « l’heure est à la lutte », pour que la France s’en aille. Être français disait de Gaulle, c’est être responsable de la France de génération en génération, ajoutant au sujet de la solidarité nationale à laquelle certains indépendantistes estiment pouvoir avoir recours, « c’est ainsi que je souhaite que les Français, dans leur ensemble, se considèrent eux-mêmes. Il y a là, à cet égard-là entre eux, et pour cela, une solidarité que je dis être nationale et faute de laquelle la France risque de n’être pas ce qu’elle est, ce qu’elle est de tout temps et par conséquent de ne plus jouer son rôle, et de ne plus à proprement parler exister ».
Nicolas Vignoles



