C’est un incendie de plus. Comme ça, comme il y en a tant et comme il y en aura d’autres. Parce qu’une jeunesse, celle que l’on dit en « déshérence », en « perte de repères », en « colère », abreuvée de slogans et de revendications, s’ennuie et se défoule, conteste, violente et détruit. A un mois de la rentrée, l’école Jack-Mainguet, déjà maintes fois scarifiée et ciblée, subit encore les outrages de cette jeunesse dont personne ne sait quoi faire, mais que l’on a utilisé il n’y a pas si longtemps pour d’autres actions de basses Å“uvres. C’est un fait-divers de plus certes, mais dans le contexte calédonien et son histoire récente, il en est de Jack-Mainguet aujourd’hui, comme il en était de Pétro-Attiti ou du collège de Rivière-Salée hier. Il y aura plainte, enquête et jugement contre des auteurs qui semblent mineurs, et qui donc à ce titre seront exemptés de rendre les vrais comptes. Il ne faut pas banaliser ce genre d’actes parce qu’il pèse d’un poids beaucoup trop lourd sur nos espoirs de recréation d’un vivre-ensemble auquel beaucoup ne croient plus, voire même ne veulent plus. Cet énième incendie de l’école Jack-Mainguet est fort autant de message que de symbole. Ces faits de destruction, dans leur banalité récurrente, sont tristes, navrants, désespérants, à l’heure où à Paris, on cherche des solutions qui permettent d’imaginer que tout n’est pas perdu. Â
Nicolas Vignoles




