Président de l’association ESNC (E-sport New-Caledonia), cofondée en 2018, Adrien Ductane œuvre bénévolement pour développer et promouvoir la pratique compétitive de jeux vidéo sur le territoire. Alors que l’e-sport connaît un essor fulgurant à l’international avec des milliards de dollars de revenus générés chaque année, le secteur calédonien tente de se relever après le coup d’arrêt brutal des émeutes de mai 2024.Â
La voix du Caillou : Pouvez-vous nous présenter ESNC ?Â
Adrien Ductane : ESNC est née en 2018. À la base, on est juste des passionnés du jeu vidéo. On a commencé à créer l’association avec trois amis à la suite d’une autre association qui avait fait évoluer l’e-sport pendant au moins 15 ans en Nouvelle-Calédonie, qui s’appelait NC Gamer. Donc on est un peu la continuité de celle-ci. Le but, c’était de promouvoir l’e-sport, mais surtout de pouvoir rassembler les gens, être beaucoup plus professionnels et compétitifs. À travers ESNC, on a maintenant bientôt 9 ans, on a fait pas mal d’événementiels publics, la journée du numérique, la journée du sport, pour l’inclusion et surtout essayer de couper les ponts entre le jeu vidéo vu comme néfaste et le sport traditionnel. Notre but, ça a été de faire évoluer le jeu vidéo tout en y intégrant les capsules de santé, d’intégration, de professionnalisation et surtout l’accompagnement et la démocratisation.Â
LVDC : Vous avez donc créé votre propre équipe e-sport ?Â
A.D. : C’est ça. À la base, on est organisateurs d’événementiels e-sport. Jusqu’à un moment donné où, effectivement, on voulait avoir notre propre équipe et avoir beaucoup plus de prise en main, d’accompagnement plus direct avec des joueurs qu’on récupérait avec un fort potentiel, et de les faire grandir avec un suivi complet. Donc aller jusqu’au coach, au kiné, coach mental, entraînement assez poussé, et voir ce que ça donnait sur X années et s’ils pouvaient aller confronter les gens à l’international. Sur Teamfight Tactics, le jeu dérivé de League of Legends. On avait une cellule complète avec coach, kiné, nutritionniste. On a pris des joueurs de moyen niveau, de fort potentiel, on les a poussés pendant un an avec le programme. Ils sont arrivés dans les 0,2% des meilleurs joueurs mondiaux. Ils ont été invités à Las Vegas pour jouer parmi les joueurs internationaux. Ça prouve que la Nouvelle-Calédonie avait un vivier capable d’aller jusqu’à un tournoi international.Â
LVDC : En 2022, il y a eu la création de la Gaming Room. Qu’est-elle devenue ?Â
A.D. : La Gaming Room a été le Saint-Graal. C’est la continuité qui nous a permis d’avoir nos propres locaux. Dedans, on avait une salle de sport intégrée, les douches, une cuisine, une salle de streaming et une partie avec une salle qui était dédiée à l’optimisation et à l’e-sport. C’est là où on a pu intégrer facilement les coachs, les kinés, les entraînements. Aujourd’hui, la Gaming Room qui était sous l’effigie de Lagoon au Plexus n’existe plus. On a des projets d’évolution en termes de locaux qui ne sont pas validés à 100%. C’est plus une projection qu’on se donne tous avec les partenaires. Tout dépend de la continuité du pays. Ce sont de gros investissements pour un domaine qui reste très niche en Nouvelle-Calédonie. À côté de ça, il y a beaucoup d’inclusion avec l’accompagnement des jeunes, même des grands sur le côté numérique à travers le jeu vidéo et la gamification. Potentiellement aussi de faire évoluer des métiers grâce aux jeux vidéo. Aujourd’hui, nous, on travaille avec le service de l’aviation et de l’aérospatiale. Qui, eux, ont intérêt effectivement à avoir une cellule gaming. Donc on travaille avec eux sur l’accompagnement pour effectivement déjà se diversifier, mais pouvoir proposer aux aviateurs des activités qui vont optimiser tant bien leur métier que d’autres choses. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Légende photo : Adrien reste motivé à promouvoir le e-sport sur le territoire et multiplier les événements. ©Adrien Ductane
Propos recueillis par Claire Rio-PennuenÂ




