À peine le 25 décembre était-il achevé que certains remisaient déjà le sapin. Pour ceux qui n’ont pas dare-dare quitté le Caillou (définitivement ou pour les grandes vacances) pour souffler un peu ou voir si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs, tandis que les enfants jouent encore avec ce que le Père Noël leur a apporté, et en attendant le 31 décembre où ça sera rebelote pour les huîtres, le foie gras, le saumon, nous avons donc repris le cours de nos vies. On fait aussi les comptes et l’on réfléchit à ce qui nous attend l’an prochain. En attendant, on regarde autour de nous pour constater que la violence gratuite et raciste s’exerce au Médipôle contre les soignants, que des fêtes de Noël suralcoolisées ont dégénéré en rixes, et qu’en Brousse on s’inquiète de l’insécurité. Rien que de très normal en somme dans un territoire où plus rien n’est normal et surtout pas la vie en société. On constate, on regarde et on déplore ce qu’est devenue la Nouvelle-Calédonie, repensant aux temps jadis où rien n’était ni simple ni rose, mais où faire société avait encore un sens. L’économie repartira peut-être, et il faut l’espérer bien sûr, mais entre nous, quand la violence des faits divers comme celle de l’insurrection viennent tout ruiner, qu’en sera-t-il ? Aurons-nous la force de rebâtir ?
Nicolas Vignoles




