L’annonce a été confirmée par la SODIL, actionnaire majoritaire de l’hôtel, à la sortie du tribunal de commerce qui examinait hier matin le dossier de la société Gigadeix, la filiale qui gère l’hôtel de Lifou. La structure risquait d’être placée en liquidation. Finalement, il n’en est rien et l’aventure continue.
C’est un grand soulagement pour la Société de développement et d’investissement des îles Loyauté (SODIL) qui détient 95 % de la société Gigadeix, exploitante de l’hôtel Wadra Bay à Lifou. Après plusieurs reports d’ouverture et des déconvenues financières, la structure avait été placée en redressement judiciaire le 30 juin 2025. Hier, elle était de retour devant le tribunal de commerce. Une audience cruciale, puisqu’il s’agissait de déterminer si elle devait être placée en liquidation, ou non. Résultat des courses, les juges ont donné leur feu vert à la poursuite de l’exploitation. Et accordé une nouvelle période d’observation de six mois, à la demande de la SODIL. Une décision qui satisfait pleinement Jacques Dralue, le président de la SODIL. « Les juges ont validé le fait qu’on a trouvé des solutions pour les dettes. Des solutions qui leur conviennent, ainsi qu’aux créanciers et investisseurs. Les dettes s’élèvent à 485 millions pour les investisseurs et 120 millions pour les entreprises qui ont travaillé là-bas. Et il y a surtout les 600 millions de francs d’emprunt contractés auprès de la BNC repris par la province des îles. On a négocié avec la BNC pour qu’il y ait un échéancier, et ce protocole d’accord a été présenté au tribunal qui l’a accepté. On a donc confirmé qu’on allait ouvrir l’hôtel le 22 décembre. On a désormais six mois pour démontrer que cet hôtel peut fonctionner et surtout qu’il peut être viable économiquement. » Un challenge de taille alors que l’enseigne Intercontinental a quitté le navire il y a quelques mois. C’est donc dans une version plus modeste, rétrogradée de 5 à 4 étoiles, que l’établissement ouvrira ses portes lundi. Seize personnes sont à pied d’œuvre sur les lieux depuis une semaine. Dès lundi, 50 chambres seront proposées à la clientèle à des tarifs compris entre 22 500 et 62 500 francs la nuitée. Les réservations sont d’ores et déjà ouvertes via le site internet de l’hôtel. Une première étape est donc franchie. Reste maintenant à régler la question du transport aérien, pour laquelle Jacques Dralue en convient : « On ne maîtrise rien du tout. »
Béryl Ziegler



