À quel moment le compromis devient une compromission ? C’est pour n’avoir pas à répondre à cette question que les Loyalistes ont expliqué au chef de l’État qu’il ne s’agira pas de faire, de dire et de négocier n’importe quoi lors de la réunion qu’Emmanuel Macron convoque pour le 16 janvier prochain. Comme tout le monde l’a dit et répété, Bougival est un accord de compromis, c’est-à -dire que les uns ont accepté de faire un pas vers les autres et vice-versa. Mais les pas, tous les pas ont été faits. Or, on voit que certains — centristes, nationalistes, Parlement et État — voudraient que les autres, Loyalistes et Rassemblement, fassent d’autres pas, davantage de pas, tandis qu’eux-mêmes demeureraient immobiles ou arbitres. À ce compte-là , il y a bien un risque que l’accord d’équilibre de Bougival devienne déséquilibré. Cela explique le ras-le-bol des partisans du maintien de la Calédonie dans la République, qui s’agacent légitimement d’être les seuls à qui l’on réclame compréhension, modération et pondération, tandis que l’on ouvre les vannes et les portes à ceux qui, dans la violence, ont tout détruit et n’envisagent un nouveau statut que dans l’exclusion. Alors que ceux qui sont prêts à passer du compromis à la compromission se souviennent qu’il n’y a jamais d’accord sans justice ni justesse.
Nicolas Vignoles




