L’État n’est pas responsable

Le jugement du tribunal administratif de Nouméa condamnant l’État pour n’avoir assumer correctement sa compétence sécurité, a suscité bien des commentaires et des réactions chez les indépendantistes.

Sur de nombreuses pages Facebook en effet, de partis ou de mouvements indépendantistes, on a vu fleurir des publications se réjouissant que la justice, au travers du Tribunal administratif, ait reconnu l’État comme responsable des émeutes et de l’insurrection. Ce qui a suscité une réaction plutôt vive du député Metzdorf. « Il ne faut pas se tromper de responsabilité », écrit-il, insistant sur le fait que « si la Nouvelle-Calédonie est détruite aujourd’hui, ce n’est pas à cause de l’État, mais à cause de la CCAT et de trente années de radicalisation indépendantiste. L’État n’est pas l’incendiaire. Les seuls responsables du chaos, ceux qui ont pillé et brûlé, sont les émeutiers qui ont lobotomisé une partie de la jeunesse ».

L’État est fautif

Mais souligne dans le même temps le député, l’État est bien fautif, « la justice confirme que l’État a failli à nous protéger », écrit-il. Dans ces conditions et dans le contexte actuel, cela invite l’État et en particulier Bercy, le ministère des Finances, à plus d’humilité et de réalisme. « Ce constat rend la position actuelle de Bercy inacceptable, dit Nicolas Metzdorf. Prêter de l’argent à la Nouvelle-Calédonie avec des taux d’intérêt prohibitifs pour qu’elle se reconstruise seule, alors que l’État est fautif, s’apparente à un largage du territoire. Nous méritons mieux que d’être traités comme des pays du Tiers-monde à qui l’on fait la charité sous condition. L’État doit assumer sa faute : il ne s’agit plus d’aider, mais de réparer. Les prêts doivent devenir les subventions promises ».

Dénonçant la radicalisation des indépendantistes et déplorant la carence de l’État, le député Metzdorf souligne que « les seuls qui sont exempts de tout reproche sont les non-indépendantistes. Notre seul tort est d’avoir demandé le respect des trois référendums et l’ouverture du corps électoral pour défendre la démocratie. Il est hors de question que les Calédoniens, victimes de la barbarie des uns et de la faiblesse des autres, paient aujourd’hui l’addition à travers des impôts ou de la dette ».

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