Alors que 2025 devrait être l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées, les températures devraient continuer de grimper à l’avenir. Notamment dans les territoires ultramarins, particulièrement exposés aux phénomènes météorologiques.
Des chiffres alarmants, mais malheureusement sans surprise… Selon les données de l’observatoire européen Copernicus, publié cette semaine, l’année 2025 devrait être l’une des plus chaude jamais enregistrée. « L’année 2025 devrait très probablement se classer deuxième ou troisième année la plus chaude, possiblement à égalité avec 2023, actuellement la deuxième année la plus chaude, et derrière 2024, l’année la plus chaude jamais enregistrée », indique ainsi l’observatoire européen. « L’anomalie de température moyenne mondiale pour la période de janvier à novembre 2025 est de 0,60°C au-dessus de la moyenne de 1991-2020, ou 1,48°C au-dessus de la référence préindustrielle de 1850-1900 », détaille Copernicus, qui publiera son rapport annuel après les chiffres de décembre. Pour autant, la hausse des températures est bien concrète. « Ces seuils ne sont pas abstraits : ils témoignent de l’accélération du changement climatique, et la seule façon d’atténuer la hausse future des températures est de réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre », a déclaré Samantha Burgess, responsable stratégique pour le climat au centre européen (CEPMMT).
Les territoires ultramarins ne sont pas épargnés alors qu’ils font même partie des régions les plus exposées avec des vagues de chaleur plus intenses, des sécheresses plus fortes et plus longues, la montée du niveau de la mer et des cyclones tropicaux plus dévastateurs, comme ce fut le cas lors de l’ouragan Irma en 2017 à Saint-Martin, du cyclone Chido en décembre 2024 à Mayotte ou encore du cyclone Garence à la Réunion en février 2025.

Quelles perspectives ?
Météo-France, dans le cadre de ses travaux sur la Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC) s’est penché sur cette question et a publié, le 5 décembre dernier, un article intitulé : « Quel futur climat pour les Outre-mer ? ». D’après la TRACC, qui s’appuie sur trois niveaux de réchauffement planétaire à court, moyen et long terme à l’échelle planétaire, le mercure va continuer d’augmenter dans les prochaines années avec « +1,5 °C à l’horizon 2030, +2 °C à l’horizon 2050 et +3 °C à l’horizon 2100 ». Une moyenne qui implique donc certaines différences en fonction des territoires. Ainsi, si la Nouvelle-Calédonie se situe exactement dans cette moyenne, la Guyanne ou encore la France hexagonale (incluant la Corse) ont des prévisions encore plus alarmistes avec respectivement +3,5°C et +4°C à l’horizon 2100.
Or, on le sait, le réchauffement climatique entraîne une augmentation des phénomènes les plus extrêmes. Dans ce contexte, Météo France Nouvelle-Calédonie pourrait mettre en place d’ici 2026 une vigilance météo « fortes chaleurs », en plus des vigilances déjà existantes pour le vent, la pluie et la houle. « Jusqu’à présent, la Calédonie n’a jamais connu, comme c’est le cas sur des pays plus continentaux, des canicules qui ont occasionné des mortalités massives. Mais c’est un risque auquel on pourrait être exposé dans les années à venir. Donc on veut proposer une vigilance pour les fortes chaleurs, qui sera adressée à l’ensemble de la population pour que chacun puisse prendre des dispositions personnelles en fonction de son aptitude à supporter la chaleur », expliquait récemment le météorologue Thomas Abinun à nos confrères de NC La 1ère.
Légende photo : Des projections climatiques, inédites pour les territoires ultramarins. ©Météo-France
Nathan Di Matteo et Claire Gaveau




