La Technopole de Nouvelle-Calédonie a tenu hier, mardi 9 décembre, sa première assemblée générale sous statut de groupement d’intérêt public, officialisant une transformation juridique actée depuis mars 2024.
« L’ADECAL Technopole » n’existe plus. L’ancienne agence de développement créée en 1995 pour promouvoir la Nouvelle-Calédonie à l’international a officiellement achevé sa mue ce lundi 9 décembre en devenant le GIP La Technopole de Nouvelle-Calédonie. Samuel Hnepeune, membre du gouvernement chargé de la recherche et président du conseil d’administration, a présidé la première assemblée générale constitutive de cette nouvelle entité juridique, aux côtés de Sylvia Cornu-Mercky, directrice générale. Ce changement de statut, passant d’une association à un groupement d’intérêt public, répond aux recommandations de la Chambre territoriale des comptes et du cabinet Atlas Management. Cela afin de « répondre à des exigences et des obligations légales », a précisé Samuel Hnepeune. La transformation aurait dû être finalisée dès mars 2024, date à laquelle l’arrêté du haut-commissaire et la publication au journal officiel avaient déjà acté juridiquement le changement. Mais les événements de mai et les difficultés budgétaires ont contraint la structure à fonctionner dans un statut hybride pendant neuf mois. Deux plans de restructuration ont même été nécessaires, le budget ayant été divisé par deux.
Le lien entre recherche et économie
La mission centrale de la Technopole demeure inchangée : « faire le lien entre la recherche scientifique et le monde économique » à travers l’expérimentation, le transfert de technologies et l’accompagnement des acteurs. « La mission principale, c’est de permettre la diversification de l’économie bleue et verte en Nouvelle-Calédonie », a résumé Sylvia Cornu-Mercky. Cette fonction d’interface prend tout son sens dans un contexte calédonien où, comme l’a souligné Samuel Hnepeune, « on a tendance à développer chacun nos choses dans son coin ». Le défi est de mieux coordonner les initiatives entre les chambres consulaires, le gouvernement et les acteurs économiques.
Priorités et rationalisation
Le passage en GIP implique une gouvernance renforcée avec les cinq financeurs (État, Nouvelle-Calédonie et trois provinces), à travers une programmation triennale. La feuille de route 2026-2028 recentre les missions autour de la lutte contre le changement climatique et l’autonomie alimentaire. « Quand on a deux fois moins de budget, l’exercice consiste à définir des priorités », a reconnu Samuel Hnepeune. La structure mise désormais sur une logique « clients » avec un mode projet et des indicateurs d’évaluation. Les sites seront rationalisés : Sylvia Cornu-Mercky a insisté sur l’amélioration des pratiques agricoles, citant le travail sur le semis sur couvert végétal ou la collaboration avec l’IAC pour développer un piège lumineux contre le charançon de la patate douce. Sur le changement climatique, les efforts portent sur l’identification de variétés résistantes à la sécheresse et de taros résistants au sel. Le nouveau statut doit permettre de consolider les partenariats existants avec l’IAC, l’IFREMER, l’IRD, les chambres consulaires et des start-ups, dans l’objectif de « transformer la science en solutions concrètes au service des filières bleues et vertes ».Â
Quelques chiffres
La Technopole s’appuie sur 35 salariés répartis sur huit sites dans les trois provinces, organisés autour de deux pôles : maritime et terrestre. En 2024, malgré les contraintes, les résultats sont tangibles : 4 317 kg de semences d’igname vendues, 180 reines d’abeilles fournies aux apiculteurs, 18 000 alevins de picots rayés produits, ou encore l’évaluation de dix variétés de pommes de terre.
Légende : L’objectif du Technopole est de transformer la science en solutions concrètes au service des filières bleues et vertes. C.R-PÂ
Claire Rio-PennuenÂ



