On nous annonce des négociations franco-vanuatuaises au sujet de la possession de Matthew et Hunter, deux bouts de caillou inhabités plantés dans la Pacifique. Une possession française revendiquée par le Vanuatu, avec le soutien évidemment du FLNKS, qui jouerait presque dans l’affaire le rôle de l’anti-France. Mais la désignation du « propriétaire » a des conséquences économiques importantes, en ce qu’elle élargit la ZEE (Zone Exclusive Économique) de l’un et l’autre de manière importante. Le souci est que le Vanuatu, un des Etats les plus pauvres du monde, n’a aucun moyen d’assurer sa souveraineté sur ces deux îlots. Il ne dispose pas des moyens maritimes nécessaires, sauf à demander l’aide de la France, ce qui ne manquerait pas de sel. Et lorsque l’on sait de quelle manière la Chine a pillé la ZEE de Port-Vila (on n’y trouve plus une holothurie), en échange de quelques verroteries, on se dit qu’il faut rester sérieux. Toutefois, le gouvernement a-t-il encore la volonté de maintenir sa souveraineté sur Matthew et Hunter ou cherchera-t-il à faire « plaisir » au Vanuatu au nom de je ne sais quelle dette mémorielle ? Cela constituerait une erreur politique, stratégique, historique, mais la question est posée. En attendant, le drapeau tricolore flotte toujours sur Matthew et Hunter. Â
Nicolas VignolesÂ




