Quatre visages en campagne

Les Loyalistes ont investi leurs têtes de liste dans les communes de Dumbéa, Païta, Mont-Dore et Bourail pour les élections municipales. Tour d’horizon des candidats.

Cynthia Jan : « Il est temps de reprendre la main sur ce qui se passe à Dumbéa » 

Chef de file de l’opposition municipale, Cynthia Jan se lance à nouveau dans la course aux municipales à Dumbéa, où elle avait obtenu 13 % des suffrages au second tour en 2020. « La commune a particulièrement souffert pendant les émeutes, avec 80 % de son tissu économique détruit, a-t-elle rappelé, avant de dénoncer « l’urbanisation massive subie depuis une vingtaine d’années ». Pour l’élue de Générations.nc, résidant sur place depuis 18 ans, « il est temps de reprendre la main sur ce qui se passe à Dumbéa ». Tout en rappelant que la ville a été pionnière sur de nombreux sujets – premier skatepark, première maison du temps libre,  première fête culinaire, premier golf – la chef de l’opposition a dénoncé à Dumbéa une « gestion dispendieuse », tournée vers les bâtiments publics plutôt que vers les habitants. Elle est « la 2e ville de Nouvelle-Calédonie et nous estimons que Dumbéa vaut mieux que ça ». Et d’annoncer :  « Nous avons mené avec mon équipe une grande consultation citoyenne auprès des habitants pour comprendre leurs attentes. C’est sur cette base que nous proposerons, le 15 mars 2026, un programme qui ressemble et rassemble les Dumbéens. Pour nous, la démocratie participative n’est pas qu’un slogan, c’est une façon de mener les politiques publiques ».

Antoine Romain : « La sécurité et la qualité de vie », deux priorités à Païta

À Païta, c’est Antoine Romain, directeur de cabinet du maire depuis plusieurs années, qui se présente pour la première fois, alors que la maire sortante, Marilyne d’Arcangelo, ne souhaite pas briguer un nouveau mandat. Le candidat de l’union loyaliste, encarté chez les Républicains calédoniens, place au cœur de son programme deux priorités. « Il faudra accroître la sécurité. Sans elle, on ne peut rien faire », affirme-t-il. « Le deuxième sujet, c’est la qualité de vie. Tout le monde a envie de vivre tranquillement, de pouvoir travailler, scolariser ses enfants, avoir des loisirs, faire du sport. » Parmi les projets : élargir l’offre de services publics à Tontouta et réhabiliter le village de Païta, « meurtri, détruit et saccagé pendant les émeutes de 2024 ». Païta est, précise-t-il, « peut-être la seule commune de Nouvelle-Calédonie à continuer à croître. En 10 ans, Païta a gagné 30 % d’habitants entre les deux derniers recensements. » À ce titre, « c’est l’une des communes les plus jeunes de Nouvelle-Calédonie, il faut proposer à cette jeunesse des activités sportives, et pas que, et permettre aux clubs de s’étoffer. » Dans sa commune, il estime pouvoir compter sur une liste d’alliance plus large que celle aujourd’hui constituée : « La bonne fée Virginie (vice-présidente du Rassemblement) sera sans doute aussi au-dessus de notre berceau », a-t-il laissé entendre.

Nina Julié : « Redonner son attractivité au Mont-Dore et sa fierté aux Mondoriens » 

Conseillère municipale dans l’opposition depuis 2020 et élue à la province Sud, Nina Julié se lance dans la course à la municipalité pour la 2e fois. « Je suis ce qu’on appelle un pur produit mondorien. Depuis ma naissance, je vis au Mont-Dore, j’y ai grandi, fréquenté les écoles, investi, me suis mariée et aujourd’hui j’y vis avec ma famille », a-t-elle rappelé. Une commune qui selon elle a perdu en attractivité : « L’insécurité sur la route de Saint-Louis, aggravée par l’insurrection du 13 mai, a accentué cette perte. Depuis 2017, le Mont-Dore est en perte de vitesse : en 2019, c’est Dumbéa qui nous pique la 2e place, en 2024, c’est Païta. Les gens partent, les entreprises, les personnels soignants fuient et ne reviennent plus. » Dans ce contexte, son ambition est claire : « Redonner son attractivité au Mont-Dore et sa fierté aux Mondoriens ». Comment ? « D’abord en recentrant les politiques publiques sur la sécurité. Ensuite, en réécrivant le contrat social entre les Mondoriens et la mairie, basé sur un principe simple :  les droits impliquent des devoirs. Troisièmement, en soutenant ceux qui travaillent, ceux qui se lèvent tôt, ceux qui entreprennent, ceux qui investissent. Quatre, en traitant tous les Mondoriens de la même façon : pas de copinage, pas de passe-droit. Cinquièmement, en disant la vérité toujours » à commencer sur la situation budgétaire de la commune : « 4,5 milliards de dettes, un budget d’investissement divisé par deux en six ans et un budget de fonctionnement en baisse ».  Pour autant, Nina Julié « refuse que la commune continue de s’enfoncer ». Et d’affirmer : « Je ne ferai pas de promesses indécentes, mais je serai toujours présente et à l’écoute. » 

Levay Roy : « Reconstruire Bourail avec une vraie vision » 

Président du Royal Caledonian Show et de la Foire de Bourail, Levay Roy, 36 ans, brigue pour la première fois la mairie de Bourail, sa ville d’origine. « J’ai essayé les associations, les syndicats pour me faire entendre, mettre en avant des projets qui font du bien aux gens. Aujourd’hui, je me lance en politique parce qu’il est temps », a-t-il expliqué. « Et je ne veux pas être un maire isolé parce qu’à Bourail, ça fait 30 ans qu’on est isolé et que plus rien ne se passe ».  Son objectif : « récupérer cette âme qu’est l’agriculture, que sont aussi les artisans. Car à Bourail aussi les gens partent, notamment les jeunes. La ville manque de dynamisme et s’étouffe. On a une institution, avec la foire, mais Bourail ne vit pas qu’en août. Et on va ramener tous ces gens et ces jeunes chez nous. » Il affirme vouloir « reconstruire Bourail avec une vraie vision et avec tout le monde. Parce que Bourail, ce n’est pas qu’une histoire d’indépendantistes et de non-indépendantistes. Il y a aussi des gens qui n’ont pas de parti politique, qui veulent juste vivre en paix. Et c’est dans ce quotidien qu’il faut apporter une réponse à tout ça parce qu’on l’oublie. »

Béryl Ziegler

Fil d'actualité

Jacques Lalié : pourquoi la Cour de cassation a annulé sa condamnation

Un an et demi après la condamnation de Jacques...

Le charme des îles

La saga Lalié, c’est quelque chose quand même ! Condamné,...

Le dessin du jour #872

Consultez en ligne le dessin de l'édition du 4...

La voix du Caillou #872

Consultez en ligne l'édition du 4 juin 2026 de...

L’Adie part en campagne pour l’entrepreneuriat des femmes

Depuis lundi et jusqu'à vendredi, l'Association pour le droit...

Newsletter

Inscrivez vous pour recevoir chaque semaine notre newsletter dans votre boîte de réception.

Jacques Lalié : pourquoi la Cour de cassation a annulé sa condamnation

Un an et demi après la condamnation de Jacques Lalié à un an de prison avec sursis et à deux ans d’inéligibilité assortis de...

Le charme des îles

La saga Lalié, c’est quelque chose quand même ! Condamné, inéligible, puis éligible, puis inéligible, puis finalement éligible, un sacré yoyo juridique dans lequel Jacques Lalié...

Le dessin du jour #872

Consultez en ligne le dessin de l'édition du 4 juin 2026 de votre quotidien "La Voix du Caillou". Notre avenir s'écrit au quotidien…