Deux pères de famille ont comparu devant le tribunal correctionnel pour avoir chassé de nuit, une pratique interdite, à Bourail. Plus surprenant, ils étaient aussi poursuivis pour « provocation d’un mineur à commettre un délit ». Leur tort ? Avoir accepté que leurs enfants les accompagnent lors de ce coup de chasse familial.
C’est un procès pour le moins étonnant, où les traditions calédoniennes se heurtent aux textes de loi. Deux ans après les faits, deux pères de famille de Bourail, âgés de 40 et 53 ans, n’ont toujours pas bien compris ce qu’ils faisaient à la barre du tribunal correctionnel de Nouméa. Ils sont poursuivis pour le délit de « chasse de nuit ou en temps prohibé, en réunion et avec une arme ». Jusqu’ici, rien d’étonnant, puisque le code de l’environnement de la province Sud interdit formellement la chasse nocturne et l’usage d’un foyer lumineux, « en tout lieu » et « pour toutes catégories d’animaux ». Ces pratiques sont peut-être extrêmement répandues sur le territoire calédonien, mais elles n’en sont pas moins prohibées depuis des années. La seconde infraction, en revanche, est plus surprenante : les deux Bouraillais devaient répondre de « provocation d’un mineur à commettre un crime ou un délit ». Le code pénal prévoit en effet que toute personne qui cherche à inciter des enfants à commettre un crime ou un délit, en l’occurrence la « chasse de nuit », s’expose à une peine de prison. Connectez vous pour y accéder !Ce contenu est réservé aux abonnés.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




