La mobilisation « pacifique et spontanée » de la CCAT de samedi dernier, n’a pas eu l’effet escompté. Et, alors qu’elle voulait remettre ça ce lundi devant le Haussariat, elle n’a pas reçu l’autorisation. Ici et là, quelques dizaines de militants se sont rassemblés pour réclamer le non-report des provinciales et redire leur rejet de Bougival. Il se trouve qu’à chaque fois que la CCAT annonce une action, la Calédonie traumatisée retient son souffle, craignant le retour des déchaînés pour détruire ce qui ne l’avait pas déjà été. Mais la CCAT et ceux qui en sont proches, subissent eux-aussi les conséquences de leur inconséquence. Bien des militants et des sympathisants de la cause sont confrontés aujourd’hui aux dures réalités sociales et économiques provoquées par l’insurrection, et occupent leur samedi à se faire quelques francs et à faire face au quotidien incertain, plutôt que de protester contre des provinciales en juin. Car le report ou non ne fait plus partie de leurs préoccupations. Et les militants les plus acharnés de la CCAT sont désormais confrontés aux reproches de ceux qu’ils ont entraîné dans cette terrible aventure, et qui leur réclament des comptes : « tout ça pour ça ! » Alors oui les rangs affichent un net clairsement, une motivation en berne. Alors oui, les lendemains déchantent, et les regards se tournent angoissés vers un avenir dont personne ne peut dessiner les contours, pas même la CCAT.
Nicolas Vignoles




Clairsement ? Intéressant…