C’est sûr que ni LFI, ni le FLNKS, qui faisaient tout pour bloquer le débat sur le report des provinciales, n’avaient vu le coup venir. Alors, ils sont colère, surtout le FLNKS qui vient d’annoncer qu’il ne reviendra pas à la table des discussions sur l’accord de Bougival. Si depuis juillet, la volonté de dialogue de l’UC-FLNKS est pour le moins limitée, c’est le moins qu’on puisse dire, certains restent persuadés, ou veulent se persuader, que ce « mouvement de libération » peut revenir à la table. On est surtout revenu à la base de ce qui reste de l’idéologie du Front, qui est qu’on ne parle qu’avec l’État et que de l’indépendance. Et Bougival, ça n’est pas l’indépendance. Alors, tout est prétexte à dénoncer, à  s’opposer, à  menacer. Ainsi, dès que l’État ou les signataires de Bougival mettent un pied devant l’autre, le FLNKS hurle au « passage en force », à la négation du peuple premier et au « mépris du peuple colonisé ». Ne pas faire sans le FLNKS, mantra du gouvernement et de ceux qui espèrent la paix, se heurte à la revendication principale du Front, qui est de ne surtout pas faire avec ceux qui ne seraient ni Kanak ni indépendantistes. Ça limite les possibilités, mais au moins cette fois, les choses sont claires pour ceux qui pensent que ramener les radicaux à la raison politique est encore envisageable. Â
Nicolas VignolesÂ



