Cinquante détenus ont porté un recours devant le juge des référés du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie pour enjoindre l’administration pénitentiaire à modifier les conditions de détention qui portent « atteinte » à leur « dignité ». À ce jour, 552 personnes sont emprisonnées pour 397 places théoriques.
Malgré les (innombrables) rappels à l’ordre et les injonctions de la justice, les conditions de détention demeurent catastrophiques au Camp-st. C’est en substance ce que cinquante détenus (ou ex-détenus) sont venus dire dans un recours d’envergure déposé le 16 octobre dernier devant le juge des référés du tribunal administratif de Nouvelle-Calédonie. La procédure étant dite « d’urgence », le président Hubert Delesalle a examiné, mercredi matin, les moyens énoncés par les requérants et a donné la parole à l’administration pénitentiaire pour qu’elle apporte des éclaircissements sur certains points.
La litanie des critiques émises à l’encontre des conditions de vie derrière les murs du centre pénitentiaire de Nouville est si souvent répétée qu’on en finirait presque par s’y habituer et oublier que des centaines de détenus, sans compter le personnel pénitentiaire, vivent et travaillent dans un lieu dont l’indignité dure depuis trop longtemps. « Ce sont des conditions qui font froid dans le dos », a observé Me Charly Salkazanov en préambule. Cet avocat au barreau du Val-de-Marne a demandé au juge des référés « d’enjoindre l’administration pénitentiaire » de faire cesser ces mauvais traitements « sous astreinte de 200 euros [24 000 francs, NDLR] par jour de retard » en cas de non-exécution. Les réclamations sont nombreuses : « plus de matelas au sol » et l’installation de lit « individuel » ; des « sanitaires fonctionnels » ; le « retrait des caillebotis », la « distribution de kits d’hygiène », le déménagement des conteneurs maritimes, un « accès aux soins » permanent ou encore la « désinsectisation » de la prison. Pour appuyer sa demande, le conseil a versé au dossier des photos récentes prises par des détenus, des témoignages écrits et des croquis représentant l’état des cellules.
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Légende : 552 personnes sont emprisonnées au Camp-Est pour 397 places théoriques.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche

