Le parquet de Nouméa a décidé d’ouvrir une information judiciaire afin de faire toute la lumière sur l’incendie de l’église de Jésus-Christ des Saints des derniers jours, survenu le lundi 13 octobre. Le dossier, désormais confié à une juge d’instruction, vise les délits de destruction par incendie de biens culturels, de violences aggravées sur des gendarmes, d’outrages, de rébellion et d’entrave à la circulation.
Dans la nuit de dimanche à lundi, des affrontements ont éclaté entre une dizaine de jeunes gens alcoolisés et des gendarmes dans le secteur du col Barrau, au Mont-Dore, après que ces derniers sont intervenus pour déblayer des branchages incendiés qui jonchaient la route. Subissant des caillassages nourris, les gendarmes ont répliqué en utilisant de multiples grenades lacrymogènes. Vers quatre heures du matin, la situation a totalement dégénéré lorsque les pompiers ont été appelés pour éteindre un feu à proximité de l’église mormone. À leur arrivée sur place, les secours ont découvert que l’édifice religieux était entièrement en proie aux flammes. « Des gendarmes mobiles qui intervenaient pour sécuriser l’action des pompiers étaient victimes de projection de pierres de la part d’un groupe d’individus », a détaillé le procureur de la République Yves Dupas, affirmant par la suite que les techniciens d’identification criminelle avaient relevé que « toutes les vitres du bâtiment avaient été dégradées, ce qui a permis aux auteurs présumés de s’introduire dans les lieux » et que « deux départs de feu étaient localisés aux deux extrémités de la salle principale ».
Au cours de cette nuit agitée, les gendarmes sont parvenus à interpeller deux individus, un majeur et un mineur de 17 ans, et à les placer en garde à vue. Après 48 heures d’audition, les suspects ont été transférés au palais de justice, où ils ont été présentés à un juge d’instruction qui leur a notifié leur mise en examen. Selon nos informations, ces deux personnes ont été laissées en liberté sous contrôle judiciaire, conformément aux réquisitions du parquet. L’enquête se poursuit : trois autres auteurs présumés sont activement recherchés. Ils sont soupçonnés de s’être réfugiés dans la tribu de Saint-Louis.
Jean-Alexis Gallien-Lamarche




