C’est saisissant, cette impression de toucher le fond. Des crises, la Ve République en a connu quelques-unes, mais jamais une crise politique n’avait connu une telle ampleur ni ne portait de conséquences aussi graves. Une crise de régime assurent d’ailleurs les spécialistes. Or, quand un régime est en crise, cela ne signifie-t-il pas qu’il convient d’en changer ? C’est d’autant plus impressionnant que les concepteurs de cette Ve République, le général de Gaulle et Michel Debré, semblaient avoir tout fait pour que les institutions tiennent en dépit des coups de tabac. Ils avaient fait en sorte que la République des partis cède le pas, et voilà qu’elle fait un retour en force au détriment de la France. Il faut dire que l’on fragilise ce qui semblait solide depuis des années maintenant, en particulier par la réduction du mandat présidentiel où la concomitance des législatives avec la présidentielle. Aujourd’hui, nos institutions craquent de partout et partent en capilotade, sous le regard ébaubi des nations qui nous sont proches, toujours étonnées de cette capacité autodestructrice des Français. En attendant, c’est la Nouvelle-Calédonie qui va trinquer et pour laquelle les chances de se relever du désastre de la CCAT du 13 mai s’amenuisent et semblent être repoussées aux calendes grecques, comme si nous avions besoin de cela !
* « La Ve, c’est foutu », réplique de Xavier Gélin dans « L’Aventure, c’est l’aventure », film de Claude Lelouch 1972Â
Nicolas Vignoles Â



