Reconstruire ce qui a été détruit est aujourd’hui l’objectif suprême. Et tout le monde est à la manœuvre, car le chantier est colossal autant que sont incertains ses résultats, car les destructions, au-delà de la confiance brisée, sont d’ampleur. Il existe un argument quelque peu spécieux, repris d’ailleurs par les indépendantistes radicaux, selon lequel la crise économique existait avant le 13 mai 2024. C’est pour cela d’ailleurs que c’est un tort d’user du vocable « crise » pour désigner les émeutes de la CCAT, c’était une insurrection. Car ce n’est pas la crise économique ante qui a brûlé les entreprises entraînant la destruction de 15 000 emplois et la chute de 13,5% de notre PIB. Ça n’est pas la crise économique, fut-elle grave, non-anticipée et peut-être mal gérée, qui a provoqué le chaos économique et social dans lequel nous sommes plongés, pour des années encore. Ce sont bien les conséquences du 13 mai. Et c’est sur ce terreau-là , bien pauvre et peu fertile, qu’il faut reconstruire une économie et un contrat social, dans un climat politique que le rejet de Bougival par le FLNKS vient tendre à souhait et prolonger les craintes et les incertitudes. Face à l’œuvre c’est tout à la fois du courage, de la détermination et un je ne sais quoi de déraisonnable dont il va falloir faire preuve.
Nicolas Vignoles 




