Critiqués pour de récentes décisions judiciaires, hier avec Nicolas Sarkozy aujourd’hui pour Christian Tein, les magistrats, vent debout contre ces attaques, arguent qu’ils appliquent le droit, et rien que le droit. Heureusement. Mais cela n’exonère pas le droit de s’extirper d’un contexte, d’un environnement, de conséquences, d’impacts, sauf à vouloir être exercé hors sol, comme de l’aquaponie judiciaire. Pour ce qui est de Tein, responsable présumé de l’insurrection du 13 mai, et donc de ses violences et de ses destructions, sa mise en liberté, sans doute audible après un an de détention provisoire, avait déjà eu du mal à passer. La possibilité qui lui est donnée de revenir fouler les trottoirs de Nouméa est une goutte d’eau tombant dans un vase déjà bien plein, au regard de ceux dont la vie a été bouleversée, sinon détruite, par l’action politique et revendicative dudit Tein. D’autant qu’il n’a pas l’air malheureux en Métropole, accueilli comme un chef par tout ce que la gauche et l’extrême-gauche comptent de contempteurs, et il demeure toujours aux commandes du FLNKS et de l’UC. Sa liberté de circuler et de s’exprimer n’était entravée le moins du monde, mais son retour, si retour il y a, pourrait bien devenir problématique et susciter, ce que le droit condamne pourtant, des troubles à l’ordre public.
Nicolas Vignoles




