Le 23 mai dernier, un Broussard a utilisé son fusil à deux reprises contre des jeunes qui caillassaient sa propriété, faisant trois blessés. Excédé, il avait multiplié les appels aux gendarmes, qui n’avaient alors pas pu intervenir.
C’est « toute l’accumulation » qui l’a poussé à s’emparer d’une arme et à en faire usage. « Je ne voulais blesser personne. Je ne suis pas un tueur, pas un criminel. Je voulais juste travailler, j’étais heureux comme tout à Boulouparis ». Les mains posées sur la barre du tribunal correctionnel de Nouméa, ce Broussard de 49 ans n’en mène pas large au moment d’évoquer la nuit du 23 mai dernier au cours de laquelle sa vie et celle de trois jeunes gens ont basculé. Depuis quelques années, ce « travailleur » construit pas à pas le projet d’une vie : l’ouverture d’un snack dans la zone industrielle de Boulouparis, où il a acheté un terrain. Patiemment, il bricole, rénove et développe son commerce tous les week-ends, quand il ne travaille pas à Nouméa. Cette nuit-là, à peine venait-il d’ouvrir une bière avec sa femme et un cousin après une dure journée de labeur, vers 19 heures, qu’il entend des cailloux se fracasser sur les tôles de son futur snack. Ils sont alors obligés de se « mettre à l’abri » pour éviter d’être blessés. Selon lui, « les pierres provenaient d’un bâtiment désaffecté » qui surplombe son terrain. Ce quadragénaire avait déjà vécu des caillassages quelques jours auparavant. Il ne le cache pas, ce nouvel incident l’a aussitôt mis en rogne. « Ça m’énerve parce qu’on me jette des cailloux et ça saccage tout ».
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche




