Depuis l’invention des réseaux sociaux, non seulement tout le monde a un avis sur tout, mais le donne, le publie, le poste et hurle à l’anathème quand on n’est pas d’accord. Ça participe, semble-t-il, de cette « démocratie participative » que réclament les nouveaux sans-culottes, qui dans le même temps, fustigent la démocratie élective et la classe politique. Cette tendance à vouloir parler surtout de ce qui ne nous concerne pas, dépasse largement désormais les seuls réseaux, et nous en avons deux exemples récents. L’USTKE, syndicat indépendantiste réclamant le départ de la France, s’associe aujourd’hui à un mouvement syndical national, donc français, pour exprimer un mécontentement, sans doute au nom du dogme de la « convergence des luttes ». Le Sénat coutumier, à qui bien légèrement la commission des Lois du Sénat a demandé son avis, s’oppose au report des élections provinciales, alors même que cette question républicaine et politique, n’a pas à intervenir dans son champ d’action. Il y a là un mélange des genres que l’on cultive à souhait, mais qui brouille et fragilise aussi, notre corps social. Si l’on ne rend pas à César, ce qui appartient à César, nous perdons de la raison et de la cohérence, au profit d’abus de position, qui ne peuvent mener qu’aux troubles et au désordre. Ce dont notre démocratie se passerait bien. Â
Nicolas Vignoles Â



