Après quatre mois de détention provisoire, une mère de famille a comparu devant le tribunal correctionnel pour répondre d’une grave agression au couteau contre son compagnon. Elle prétend avoir agi pour se défendre d’un homme violent. Le parquet a mis en doute cette version.
Est-ce le geste désespéré d’une femme qui n’a que trop souffert des coups de son compagnon ? Ou une agression de sang-froid d’une personne « dangereuse », comme le pense le parquet ? Après quatre mois de détention provisoire, une mère de famille âgée de 36 ans a pris place, mardi, dans le box du tribunal correctionnel de Nouméa, pour répondre de violences particulièrement graves. Dans la nuit du 24 mai 2024, elle s’est emparée d’un couteau qu’elle a retourné contre son compagnon au cours d’une énième dispute dans leur domicile du Mont-Dore. « Je regrette et je demande pardon. Ce n’était pas calculé, pas prémédité. Jamais, je n’ai voulu le tuer ». Ce jour de mai, c’est l’anniversaire de sa nièce. La fête en famille se déroule sans accroc jusque dans la soirée. Mais alors que le couple quitte les lieux pour coucher leurs jumelles de huit mois, elle prévient son conjoint qu’elle retournera à la fête une fois les enfants endormis. Ce que ne semble pas accepter le père de famille.
Sans grande surprise, une dispute ne tarde pas à éclater quelques minutes plus tard, une fois la famille rentrée à la maison. Sans raison, la trentenaire envoie une claque derrière la tête de son conjoint alors qu’il est attablé pour manger. La tension monte. Les insultes fusent. Et les premières violences éclatent. Sans que l’on comprenne vraiment qui, exactement, a donné le premier coup. Il faut dire qu’entre ses auditions en garde à vue, ses déclarations devant l’expert psychiatre ou encore ses propos devant la juridiction, la mère de famille n’a pas toujours raconté la même histoire. Une « stratégie de défense », pointe le parquet.
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Jean-Alexis Gallien-Lamarche




