Lors de la réunion organisée à la Station N, les compagnies aériennes ont reconnu leurs difficultés à assurer la fiabilité du transport, elles rappellent avoir été frappées par les crises récentes.
Les prestataires touristiques l’ont signalé : les difficultés d’acheminement des passagers, aussi bien localement qu’à l’international, constituent un frein majeur à la reprise du tourisme. Aircalin et Air Calédonie se sont excusées pour ces désagréments, tout en rappelant qu’elles n’ont pas été épargnées par les crises successives.
Circonstances atténuantes ?
Arnaud Gervais, directeur marketing et commercial, est revenu sur les difficultés d’ACI : « Ces dernières années ont été très bouleversées. Aircalin perdait durant les émeutes, et même les mois d’après, 900 millions de francs par mois. Nous avons dû prendre des dispositions d’urgence, parfois radicales et incomprises, comme la fermeture du Japon, dont on n’a sans doute pas assez expliqué les raisons. Derrière, notre plan a été d’ouvrir la ligne Paris (via Bangkok) le plus rapidement possible. Pourquoi ? Car la trésorerie fondait à vue d’œil, et au mois de mars dernier, si on n’avait pas ouvert cette ligne, Aircalin aurait été en cessation de paiement (…). Elle nous a sauvés, et on a pu à desservir l’Australie, la Nouvelle-Zélande, Fidji, Wallis, Tahiti… Pour autant, on a aussi nos difficultés, les dernières semaines viennent de nous le démontrer. Mais on y travaille et ça ne va pas rester comme cela. On va réussir à rebondir et à revenir dans une normalité opérationnelle qui permettra d’être plus fiable pour vos business respectifs ».
Même tonalité du côté d’Air Calédonie. Marion Gentelet, directrice commerciale et marketing, raconte : « Nous avons aussi pris des actions très fortes, notre masse salariale a été réduite de 50 %, nous avons licencié 40 % des équipes. Nous avons mis un avion en location, car on ne pouvait plus payer. Nous venons de le récupérer, ce qui nous aide déjà depuis 15 jours à “switcher” d’un avion à l’autre en cas de panne. Comme toutes les compagnies aériennes, nous avons des pannes. Nous sommes bien conscients de la problématique et on ne s’en satisfait pas. Malheureusement, nous avons aussi de gros problèmes de trésorerie, nous ne sommes pas sûrs de pouvoir tenir, et nous n’avons aucune aide possible car les finances publiques ne sont pas au beau fixe. Nous avons réduit énormément la voilure pour pouvoir assurer les vols prévus. Malheureusement, nous avons encore des difficultés et notre flotte arrive à une dizaine d’années et il faudrait pouvoir envisager de la renouveler dans les deux prochaines années, mais là encore, on est confrontés à une problématique de financement. Donc on essaie de trouver des solutions ».
Parmi celles à l’étude, le déménagement d’Air Calédonie à Tontouta et « les synergies à trouver » avec Aircalin. « En tout cas, on est tous mobilisés pour faire revenir ce tourisme, car c’est aussi notre business », assure Marion Gentelet.
Béryl Ziegler



