La nomination de Sébastien Lecornu à Matignon a également été commentée en Nouvelle-Calédonie alors que le processus concernant l’accord de Bougival ne fait que commencer.
Dans l’Hexagone ou sur le Caillou, la nomination de Sébastien Lecornu fait réagir. Elle est saluée, discutée voire critiquée. Car Sébastien Lecornu, qui vient de passer trois ans à l’hôtel de Brienne, est également un ancien ministre des Outre-mer. Poste qu’il occupait entre 2020 et 2022, période où il a notamment dû gérer l’organisation du troisième référendum contesté par les indépendantistes, mais aussi la crise sanitaire de la Covid-19.
Ainsi, dans les rangs des non-indépendantistes, cette prise de fonction est « une chance pour la France » mais aussi « une chance pour la Nouvelle-Calédonie ». C’est en tout en cas ce qu’estime Sonia Backes, la présidente de la province Sud. « Il n’ignore rien, il a participé à tout. Personne ne pourra le baratiner », écrit l’élue loyaliste sur Facebook.
« Un homme efficace et un esprit vif »
Nicolas Metzdorf, député de la première circonscription, qui a voté en faveur de François Bayrou lors du vote de confiance à l’Assemblée, a un discours similaire. « C’est un excellent choix pour toute la France et autant dire que la Nouvelle-Calédonie sera placée en haut de la pile de dossiers. C’est un bon début de journée pour le Caillou », a-t-il partagé sur le même réseau social. Une « bonne décision » également pour Philippe Blaise. « Discret sur le champ de la communication politicienne depuis plusieurs années, Sébastien Lecornu est pour autant un homme efficace et un esprit vif », partage ainsi le vice-président de la province Sud, saluant son travail dans la crise des gilets jaunes ou encore au ministère des Armées. Et, concernant le dossier calédonien, « il n’est pas de ceux qui sont faibles face aux ennemis de la démocratie et face aux influences étrangères ».
Dans les rangs indépendantistes, les réactions sont peu nombreuses puisque seul le Mouvement nationaliste indépendantiste souverainiste (MNIS) a réagi sur Facebook. « Macron vient de choisir la confrontation avec le Parlement. Les néocolonialistes ne devraient pas se réjouir trop vite : c’est le Parlement qui vote la loi organique et le projet de loi constitutionnel », a écrit le parti. Et de conclure : « Macron vient d’enterrer Bougival encore plus profond ».
Lachaud, le VRP de la Kanaky
Si les indépendantistes se sont montrés peu bavards après la nomination de Sébastien Lecornu, le député Insoumis Bastien Lachaud s’est une nouvelle fois posé en défenseur de la « Kanaky-Nouvelle-Calédonie ». On commence à en avoir l’habitude… Ainsi, cette arrivée serait « une provocation supplémentaire ». « Il est responsable de la rupture avec l’impartialité de l’Etat que les gouvernements précédents avaient respecté depuis la signature des premiers accords. Macron et Lecornu sont passés en force sur la date du troisième référendum, malgré les demandes de report liées au deuil coutumier kanak (…) Il a ouvert la voie à la crise actuelle. La confiance a été brisée. Depuis la crise ne cesse de s’aggraver. Le passage en force sur le dégel du corps électoral a été le déclencheur de la crise actuelle (…) Le signal envoyé est terrible », écrit-il. La responsabilité de la CCAT, elle, n’est jamais évoquée.
Claire Gaveau




