Il n’y a pas de 8 septembre mémorable dans l’histoire de France. Celui de 2025 fera donc date. Ce jour-là , et pour la première fois depuis la fin de la IVe République, un chef de gouvernement n’a pas obtenu la confiance qu’il réclamait. Il y a des premières dont on se passerait bien ! Finalement, la Ve République aura testé tous les dispositifs qu’elle a mis en place, de la cohabitation à la défiance, en passant par la censure. Et si ces dispositifs constitutionnels et législatifs fonctionnent, on n’en mesure pas toujours bien les conséquences. Alors, est-ce une crise politique de plus ou est-ce la crise politique de trop ? Cette dernière survient dans un contexte pour le moins perturbé : une France à l’économie fragile et traversée d’angoisses existentielles comme sur la sécurité ou l’immigration, d’un monde qui ne sait plus très bien où il va, et où les bruits de guerre deviennent assourdissants. Certains voudraient tout détruire pour mieux reconstruire, croyant encore sans doute « aux lendemains qui chantent », c’est plus risqué que le pari de Pascal. Quant à compter sur le sens de la responsabilité des politiques, c’est tout aussi aléatoire. Alors, le dos rond encore, en attendant que ça passe ?
Nicolas Vignoles




