Signataires de Bougival : encore des menaces

Un homme de 23 ans a été condamné à 140 heures de travail d’intérêt général après avoir menacé Emmanuel Tjibaou sur les réseaux sociaux.

« Emmanuel Tjibaou bourre toi avec tes discours à deux balles à la radio, tête de pine, tu mérites une bonne balle toi ». C’est le texte d’un message publié sur son compte Facebook par un jeune de 23 ans, résidant à la tribu de Nakety à Canala. Cette affaire de menaces à l’encontre d’élus signataires de l’accord de Bougival, signalée par le parquet de Nouméa, survient quelques jours après une précédente qui touchait cette fois Philippe Gomès, victime de publications injurieuses et menaçantes. Pour ce qui est d’Emmanuel Tjibaou, l’enquête diligentée par la brigade de recherche de Nouméa, a permis d’identifier l’auteur de la publication. Dans le cadre de la procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité, l’auteur du délit de menace de mort à l’encontre du député indépendantiste, a été présenté à la justice. Dans un communiqué diffusé vendredi, le procureur de la République indique que « lors de sa garde à vue, l’auteur présumé a reconnu avoir diffusé cette menace de mort ». Il aurait réagi « par colère ». « J’étais énervé contre Emmanuel Tjibaou par rapport à la signature de l’accord », a-t-il précisé.

Aucun antécédent judiciaire

Le jeune homme, qui n’avait aucun antécédent judiciaire, a été condamné à une peine de 140 heures de travail d’intérêt général, peine « proposée par le parquet assortie de la peine de trois mois d’emprisonnement en cas d’inexécution du travail, qui était homologuée par le juge délégué ».

Le parquet de Nouméa a indiqué que plusieurs enquêtes étaient actuellement en cours, concernant des menaces proférées, notamment sur les réseaux sociaux, à l’encontre de plusieurs signataires de l’accord de Bougival. Cela confirme les craintes exprimées par certains lors de la signature de l’accord. C’était le cas notamment d’Emmanuel Tjibaou, qui n’avait pas hésité à aborder ce point à l’Élysée, quelques heures seulement après la signature. Manuel Valls et Emmanuel Macron ne s’étaient pas cachés, soulignant le « courage » dont avaient fait preuve les signataires. En tout état de cause, la justice n’entend pas ne pas agir sur ces faits graves, qu’il ne faut pas prendre à la légère et qui sont significatifs de l’état d’esprit dans lesquels se trouvent les militants les plus radicaux après la signature de Bougival.

Nicolas Vignoles

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