Il lui a cassé le bras une fois. Le mois suivant, toujours à Houaïlou, ivre, il a récidivé, utilisant en plus cette fois un sabre, visant la tête alors qu’elle était enceinte de trois mois. Il a ensuite essayé de l’étrangler… Au tribunal correctionnel, vendredi, la victime est allée là où on ne l’attendait pas, témoignant son amour pour ce compagnon violent, dont elle aurait préféré qu’il n’aille pas en prison, quand bien même cette relation destructrice l’a prive de vivre avec ses enfants, placés ailleurs dans le cercle familial, pour leur sécurité.
Une partie du problème dans ce dossier a été résumé en une phrase, prononcée par la vice-procureure à l’attention de la victime. « Si vous n’étiez pas amoureuse de lui, à la première gifle vous seriez partie… » Ce n’est donc pas ce que madame a fait. Fabienne Coupry essaie ainsi de lui faire passer un message : au lieu de choisir monsieur, elle ferait mieux de privilégier ses deux enfants, pour leur bien à elle autant que pour le sien. Ces petits, dont il n’est pas le père (il a de son côté lui aussi deux enfants), « vous avez ce devoir de les protéger ». Car ces violences répétées, dont ils ont régulièrement été les témoins, elles sont « intolérables » et elles laissent des traces.
Regardant cette fois le prévenu, la représentante du ministère public rappelle que « frapper sa femme, c’est interdit ». Avec ces deux coups de sabre sur la tête, il aurait pu lui ôter la vie. Or, « l’amour ne justifie jamais qu’on tue quelqu’un ». Il est temps qu’il comprenne qu’« on ne peut pas à la fois aimer quelqu’un et le frapper avec un risque vital. Ou alors, c’est qu’on ne sait pas ce que c’est l’amour. » Cogner très dur pour faire très mal à celle qu’on est censée chérir très fort, « on ne peut pas le cautionner », et ce « dans toutes les sociétés ».
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Anthony Fillet




