Un homme de 41 ans, accusé d’avoir, le 27 avril dernier à la tribu de Wabao, à Maré, volontairement jeté une casserole d’eau bouillante sur sa mère biologique, a été, pour une histoire de délai non respecté, remis en liberté dans l’attente de son jugement.
Ce jour-là , encore sous l’effet de l’alcool consommé la veille, il s’était levé du mauvais pied. Expliquant avoir entendu sa mère biologique s’en prendre verbalement à sa mère adoptive, dispute qu’il désapprouvait fortement, il aurait fait bouillir de l’eau, l’aurait versée dans un récipient… avant de la jeter au visage de la première. Brûlée à la tête et aux épaules notamment, elle a dû être hospitalisée dans le Grand Nouméa. Quatre mois après les faits, elle garde des traces, surtout au niveau du corps.
Célibataire, sans enfant, sans travail déclaré, le prévenu confiait, lors d’une précédente audience, vivre de la pêche, de la chasse et de la culture de la terre. Lors de son passage suivant devant le tribunal (le dossier a été plusieurs fois renvoyé), semblant toujours aussi perdu, il a évoqué la maçonnerie. C’était il y a quelques jours.
Ce n’est pas la première fois que cet homme fait preuve d’un coup de colère contre la victime. Les faits précédents datent d’octobre 2023, quand après une altercation il avait attaqué cette même dame avec un sabre : en se défendant, elle avait eu un bras sévèrement entaillé. Lors du jugement de l’époque, le mis en cause était absent.
« Aucun trouble mental » ?
Pour le juger sur les faits du 27 avril, une expertise psychiatrique a été ordonnée par la justice. Elle a mis du temps à être effectuée. Elle a conclu que cet individu ne présente « aucun trouble mental ». Il est relevé, aussi, « une consommation excessive d’alcool comme élément déclencheur des violences ». Circonspect, l’avocat de monsieur, Me Stéphane Bonomo, a alors demandé que cet avis médical soit complété par un autre, cette fois fait par un neurologue, car un traumatisme crânien que son client a subi dans sa jeunesse en 2008 pourrait avoir endommagé ses capacités cognitives. Au point d’être déclaré pénalement irresponsable ? L’avocat envisage cette possibilité. Il ajoute que ce prévenu, parlant le nengone, comprend mal le français. Ses auditions en garde à vue, sans traducteur, sont ainsi contestables, estime Me Stéphane Bonomo.
Le tribunal a accordé la demande de complément d’expertise. En attendant le bilan que rendra le neurologue, impossible de maintenir ce Maréen plus longtemps en détention provisoire dans l’attente de son jugement en comparution immédiate : le délai maximum est désormais dépassé. Il a donc été remis en liberté.
Il retrouvera le Camp-Est uniquement s’il est condamné, lorsqu’il sera jugé, dans les prochaines semaines.
Anthony Fillet




