Dans le cadre de sa quatrième visite sur le territoire, le ministre des Outre-mer s’est rendu hier matin au Sénat coutumier à Nouville pour défendre l’accord de Bougival.
Cinq semaines après la signature de l’accord, Manuel Valls a entamé sa visite de quatre jours en Nouvelle-Calédonie par une rencontre au Sénat coutumier, hier matin à Nouville. Après avoir effectué la coutume, Eloi Mahe Gowe, président de l’institution, a pris la parole en premier. Son discours, sans concession, a réaffirmé l’opposition du monde traditionnel au projet signé le 12 juillet. « Le projet de Bougival signé il y a un mois est devenu une ligne de fracture entre les pour et les contre, et c’est une situation qui devient inconfortable et pour ne pas dire source d’instabilité pour le pays », a-t-il déclaré. Le dirigeant coutumier a surtout dénoncé l’absence du mot « Kanak » dans le texte : « Ce silence n’est pas un détail. Il est vécu comme une mise à l’écart de notre peuple, comme si nous étions effacés de notre propre histoire ». Eloi Mahe Gowe a aussi critiqué la mécanique de l’accord, qu’il compare à une « poupée russe » dont les promesses ne se concrétiseraient qu’avec une loi fondamentale verrouillée par la règle des 36 élus sur 56 au Congrès. Selon lui, cela donne un droit de veto aux populations du Grand Nouméa et privilégie la province Sud.
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Claire Rio-Pennuen




