Manuel Valls ne ménage pas sa peine. Quatrième déplacement en Nouvelle-Calédonie, ce qui n’est pas une sinécure, en à peine un peu plus de six mois. Autant dire que le ministre des Outre-mer connaît bien le chemin, les escales et qu’il a apprivoisé le jet lag. Mais ce voyage-ci ne se présente pas comme une partie de plaisir. Manuel Valls s’est en effet mis dans la tête de « convaincre le FLNKS de s’inscrire dans l’accord ». À cœur vaillant, rien d’impossible certes, mais là , la pente est raide et peu seraient prêts à parier leur chemise sur la réussite d’une telle entreprise. Parce que ce FLNKS-là , celui de Tein, de l’UC-CCAT et des groupuscules, n’a rien à voir avec ce que nous connaissions du Front. Un conglomérat d’organisations et de mouvements qui a du mal avec les notions de dialogue, de vivre-ensemble, de peuple calédonien, de destin commun, sans parler de démocratie. Cela complique d’autant la mission du ministre des Outre-mer qui, à l’évidence, n’entend pas renoncer à faire entendre raison à ces interlocuteurs revêches. C’est une noble ambition certainement, mais d’autant plus périlleuse que l’on ne voit pas comment le ministre d’État pourrait y parvenir, ni par quel truchement il obtiendrait du FLNKS un virement de bord lof pour lof. Dans cette affaire, le FLNKS d’une part, l’État et les autres signataires d’autre part, empruntent chacun des routes et des chemins différents.
*« Chacun sa route », chanson de reggae du groupe KOD et bande originale du film « Un Indien dans la ville », sorti en 1994.
Nicolas Vignoles



