Claire Durrieu, qui mène la mission interministérielle de reconstruction, a rencontré les institutions et les acteurs économiques et sociaux du territoire au cours d’une visite d’une dizaine de jours. Lors d’une rencontre avec la presse, jeudi, elle a tenu à faire le point sur la mission.
Un état des lieux sans concession
« Le modèle économique et social calédonien est en difficulté depuis plusieurs années », constate Claire Durrieu. « Sans les émeutes, la Nouvelle-Calédonie aurait connu de toute façon une crise de trésorerie en août 2024 ». Les exactions ont donc accéléré et accentué une situation déjà compliquée, notamment pour les finances publiques : « Sans le soutien de l’État, la Nouvelle-Calédonie ne pourrait plus assurer le financement des comptes sociaux, le chômage, le système de santé, les retraites, les emplois publics ou encore le secteur de l’énergie. » Le problème est structurel : « La dépense publique est de 50 %, les rentrées fiscales, de 30 %. » Le soutien de l’État en 2024 a été massif et s’est chiffré à 324 milliards de francs (« l’équivalent d’un quart du PIB de la Nouvelle-Calédonie en 2023 »), alors que les transferts annuels s’établissent habituellement entre 180 et 200 milliards de francs. Le secteur du nickel, victime depuis 2010 du ralentissement économique, a lui aussi fait l’objet depuis 2016 d’un soutien de l’État pour un total cumulé de 1,9 milliard d’euros, soit 228 milliards de francs : « La dernière année de rentabilité de la transformation du minerai a été 2012. La solidarité de l’État a joué à plein et va se poursuivre », affirme Claire Durrieu.
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Isabelle Peltier




