Le sous-titre de lāaccord de Bougival, dĆ»ment signĆ© par toutes les dĆ©lĆ©gations, est le Ā« pari de la confiance Ā». Parce quāau terme de dix jours de nĆ©gociation, sans faux-fuyants, mais Ć¢pres, difficiles, acharnĆ©s, en responsabilitĆ© et en confiance, en effet toutes les signatures avaient Ć©tĆ© apposĆ©es. LĆ©gitimement, les uns et les autres pouvaient donc, effectivement, lancer ce pari de confiance. Cette confiance vient dāexploser en vol, sous la pression dāun FLNKS qui finalement nāa pas Ć©voluĆ© dāun millimĆØtre depuis 1984. Une signature, cāest un tope-lĆ , un engagement formel, et surtout une parole donnĆ©e. Et en terre calĆ©donienne, la parole que lāon donne a un sens. Cela figure mĆŖme comme Ć©lĆ©ment de la devise Ā« Terre de parole, Terre de partage Ā». Une devise que vient de nier officiellement le FLNKS, pour lequel, dāailleurs, rappelons-le, il nāy a pas de peuple calĆ©donien. Il nāy a donc plus ni confiance ni parole, et cāest sur ce constat navrant et amer que nous devrions faire sociĆ©tĆ© ? Les choses, maintenant, vont ĆŖtre plus difficiles encore, plus incertaines encore quāaprĆØs le 13 mai, dont nous pourrions mĆŖme connaĆ®tre encore quelques soubresauts. Manuel Valls doit venir bientĆ“t, il ne pourra quāacter que la parole donnĆ©e nāa pas Ć©tĆ© tenue, et que ce manquement politique grave nous pousse tous dans une incertitude encore plus profonde et des risques encore plus accrus.
Nicolas Vignoles



