Nous n’attendions rien de nouveau de ce congrès extraordinaire du FLNKS, tant les positions des uns et des autres étaient annoncées, affirmées, confortées, depuis tous ces derniers jours. Et néanmoins, Christian Tein nous a quand même surpris par sa radicalité, son extrémisme, son jusqu’au boutisme.
Tous ceux qui ont signé l’accord de Bougival, y compris l’État, et qui n’ont pas renié leur signature, pensaient en signant le texte avoir fait un grand pas, un geste qualifié même d’« historique ». Mais le FLNKS et l’UC, désormais et de manière définitive totalement aux mains de la CCAT et inféodés à elle, viennent de nous ramener aux fondamentaux de ce qui est la « lutte pour Kanaky », à savoir l’IKS, l’indépendance kanak et socialiste. On découvre que depuis quarante ans, ils n’ont pas bougé d’un iota de cette ligne. Christian Tein l’a très bien dit dans son discours d’ouverture : « Le peuple kanak est effacé au profit d’un peuple calédonien qui n’existe pas politiquement et juridiquement et qui n’existera jamais ». C’est tranché, net et clair, cela ruine bien des espoirs, même si Tein ajoute que « le seul peuple et la seule nationalité qui seront admis dans ce pays, c’est la nationalité kanak et le peuple de Kanaky formé par celles et ceux qui, d’origines différentes, veulent construire notre nation ensemble dans la paix, la justice et la vérité ». Mais n’est-ce pas là un codicille trompeur ? Soyons assurés que « l’identité kanak » dont le FLNKS réclame encore et toujours la reconnaissance n’est jamais qu’une litote pour désigner la primauté, sinon la suprématie, des Kanak sur les autres.
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Nicolas Vignoles




