C’est vrai qu’en matière institutionnelle, la Nouvelle-Calédonie fait fort. Depuis 1988, les statuts qui la régissent bousculent le droit, font frémir les juristes et les constitutionnalistes, mais s’appliquent néanmoins bon gré mal gré. À ce titre, l’accord conclu à Bougival va évidemment encore plus loin que ce que nous pouvions imaginer. Dès lors que la Nouvelle-Calédonie invente, crée, innove, il était sûr qu’un jour ou l’autre elle finisse comme modèle. Le macronisme ayant opté pour une modification des rapports de la Métropole avec ses Outre-mer (et même avec la Corse), il était évident que les uns après les autres, et dans les traces de la Calédonie, les territoires se cherchent à leur tour un statut qui leur convienne mieux. C’est le cas de la Polynésie, qui voudrait aller plus loin encore que son autonomie, et c’est maintenant au tour de la Guyane, pour laquelle des discussions d’avenir vont prochainement s’engager sous l’égide de Manuel Valls. L’exemple calédonien a mis du temps à infuser dans les Outre-mer, mais le mouvement est lancé, parce qu’il permet à chacun des territoires de retrouver son identité au travers de dispositifs politiques et législatifs propres. Mais comme pour ce qui est de la Calédonie, des limites doivent être posées. Ces limites à ne pas dépasser s’appellent la France.
Nicolas Vignoles



